Logement : Tout comprendre au BEPOS, le bâtiment à énergie positive

HABITAT Vous souhaitez réduire votre facture d’énergie tout en préservant la planète et vous avez pour projet de faire construire une nouvelle maison ? Miser sur un bâtiment à énergie positive, ou BEPOS, pourrait être le choix le plus avantageux

Lauren Ricard pour 20 Minutes

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Dans une maison à énergie positive, la facture de chauffage dépasse rarement les 70 € par an.
Dans une maison à énergie positive, la facture de chauffage dépasse rarement les 70 € par an. — IStock/ City presse

Entre les ressources naturelles qui s’amenuisent et le prix de la vie en constante augmentation, réduire sa consommation énergétique est devenu une nécessité. Après les maisons passives, qui maintiennent une température constante toute l’année en combinant une bonne isolation, une exposition favorable et une ventilation double-flux, la construction écologique passe au niveau supérieur avec les bâtiments à énergie positive qui, comme leur nom l’indique, permettent de produire plus d’énergie qu’ils n’en consomment.

Dès cette année, la Réglementation thermique 20 imposera ce modèle, alors que l’Hexagone ne compte aujourd’hui que 200 réalisations environ.

Les caractéristiques d’un BEPOS

Pour atteindre cet objectif de bilan énergétique positif, une maison devra d’abord reprendre les grands principes des habitations dites passives : conception architecturale intelligente, faible empreinte carbone, matériaux de constructions durables, voire biodégradables, limitation maximale des déperditions thermiques, protections solaires, récupération et optimisation des eaux pluviales… Il faudra aussi que cette demeure soit équipée en moyens de production d’énergie renouvelable : panneaux photovoltaïques, aérogénérateur, plancher rayonnant ou encore pompe à chaleur.

Le comportement écoresponsable des habitants, qui doivent faire preuve de sobriété dans leur consommation énergétique et l’utilisation des appareils ménagers, est également crucial.

Une déco source d’énergie

Si les technologies en la matière en sont encore souvent au stade expérimental, posséder un intérieur « intelligent » sera bientôt accessible au grand public. D’ici à quelques années, les murs, les meubles ou le chauffe-eau pourront générer de l’énergie et alimenter l’éclairage ou encore l’électroménager. Des chercheurs britanniques de l’Imperial College de Londres ont notamment mis au point un papier peint constitué de microalgues capable de produire de petites quantités d’électricité grâce à la lumière. Des scientifiques coréens ont quant à eux développé un prototype de peinture thermoélectrique, qui convertit la chaleur en énergie.

Le mobilier solaire a également la cote : à Brooklyn, le studio de design UM de François Chambard a dévoilé en avril dernier une ligne de meubles au style très pop baptisée « Patch », composée d’armoires, de commodes ou encore de bancs fonctionnant comme des mini-centrales électriques. Enfin, la société française SAUTER vient de commercialiser un chauffe-eau thermodynamique appelé « Pagosa », qui chauffe l’eau grâce à un procédé d’aérothermie, c’est-à-dire grâce aux calories naturellement présentes dans l’air ambiant. Résultat : une économie de 70 % en électricité sur un appareil qui est habituellement la première source de consommation d’énergie des ménages.

Les avantages d’un bâtiment à énergie positive

Les BEPOS offrent un confort de vie en maintenant une température constante toute l’année dans le logement, un point d’autant plus important que le dérèglement climatique risque d’engendrer des saisons plus extrêmes, avec des hivers plus froids et des étés plus chauds.

Côté finance, la construction d’une maison à énergie positive est environ 10 % à 20 % plus cher qu’une demeure classique, mais vous pouvez bénéficier d’aides publiques comme l’éco-prêt à taux zéro et le crédit d’impôt à la transition énergétique, sans compter les économies d’électricité réalisées sur le long terme. Et ce type de bâtiment bioclimatique génère un très faible impact environnemental. Bémol : certaines technologies productrices d’énergie ne sont pas encore disponibles dans le commerce, même si la forte demande des particuliers et des autorités publiques devrait permettre une mise sur le marché relativement rapide.