Coronavirus : Les PME tablent sur une baisse de 15 % de leur chiffre d’affaires, mais tiennent le choc

CRISE Près de la moitié des petites entreprises françaises jugent leur trésorerie « suffisante » pour affronter la crise, selon BPI France

20 Minutes avec AFP

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Dans une boulangerie à Paris, en mars 2020.
Dans une boulangerie à Paris, en mars 2020. — PHILIPPE LOPEZ

Les affaires ne seront clairement pas bonnes, mais l’heure n’est pas encore à la catastrophe généralisée. Une enquête dévoilée ce jeudi matin par BPI France indique que les PME tricolores tablent en moyenne sur une baisse de 15 % de leur chiffre d’affaires cette année, à cause de la crise économique liée au coronavirus.

Près de la moitié (47 %) des 5.556 dirigeants d’entreprise interrogés entre mi-mai et mi-juin indiquent que la baisse de leur activité est due à « la fermeture réglementaire des établissements », quand 29 % citent les difficultés « à produire avec la même efficacité » en raison des mesures sanitaires et 20 % le « manque de débouchés » ou « un approvisionnement réduit », rapporte la banque publique.

Une trésorerie qui tient le choc pour le moment

Les dirigeants « revoient nettement à la baisse leurs perspectives sur les effectifs », mais le solde d’opinion sur l’emploi reste « supérieur au point bas enregistré pendant la crise financière de 2008-2009 », selon les résultats de l'enquête. L’impact sur l’emploi reste « relativement limité, en proportion du recul de l’activité » grâce aux dispositifs mis en place par le gouvernement, notamment le chômage partiel.

Point positif (pour le moment) : près de la moitié des PME jugent leur trésorerie « suffisante » pour affronter la crise, tandis que 39 % estiment que les difficultés rencontrées sont « surmontables au regard des mesures de soutien sollicitées ». La moitié (51 %) des PME ont eu recours au prêt garanti par l'Etat (PGE) et 59 % de celles qui ont contracté un PGE conservent encore la majeure partie du prêt comme réserve de trésorerie mobilisable pour les prochains mois, selon l’enquête. « Compte tenu de l’ampleur du choc, la situation de trésorerie est étonnamment bonne », estime Philippe Mutricy, directeur des études de Bpifrance, cité dans le communiqué.

Le pic derrière nous ?

Concernant l’investissement, 41 % des entreprises qui avaient des projets avant la crise comptent les maintenir et également 41 % les reporter, tandis que les autres vont les annuler. « L’ouverture du capital n’est envisagée à ce stade que par une minorité de PME », relève encore la banque publique, alors même que « le niveau de fonds propres représente une contrainte forte pour aborder la reprise pour 17 % des PME, et pour 39 % une contrainte modérée ».

« Les résultats de notre enquête auprès de 5.500 PME témoignent que la reprise de l'activité est bien enclenchée, même si elle sera progressive », résume Philippe Mutricy, selon lequel « le regain de confiance des PME (…) laisse espérer que le pic de la crise est désormais derrière nous ».