Bordeaux : Face à la crise viticole, les vignerons envisagent d’arracher des vignes

BAISSE DES VENTES Le secteur viticole du Bordelais a vu ses ventes diminuer en raison de plusieurs facteurs qui s’additionnent ces derniers mois

D.Bd avec AFP

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Une vigne du Bordelais  (illustration)
Une vigne du Bordelais (illustration) — Thibaud MORITZ AFP

Brexit, taxes américaines​, crise politique à Hong-Kong, Covid-19… Rien n’a été épargné au vignoble bordelais ces derniers mois, alors que le marché intérieur du vin rouge est en baisse tendancielle. Au point que le président du Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB) a évoqué ce mercredi l’hypothèse d’un arrachage de vignes comme une des réponses possibles à la sévère crise que traverse le vignoble.

« Osons parler d’arrachage !, a lancé Bernard Farges lors de l’assemblée générale de l’interprofession à Bordeaux. Il va falloir du temps et de l’énergie pour remonter la pente. » Le président du CIVB a évoqué l’arrachage parmi d’autres sujets jusque-là abordés « frileusement ou timidement » mais qu’il faut désormais « mettre sur la table ». L’arrachage, « s’il est pensé, accompagné, organisé, peut être utile à l’ensemble de la filière, à Bordeaux comme ailleurs en France ou en Europe. Il peut accompagner des entreprises vers la cessation, le recentrage ou la diversification de leur activité, pour redonner aussi de la compétitivité en relevant les rendements à l’hectare ».

Bio et promotion

Parmi les autres pistes à explorer, selon Bernard Farges, figure « la mixité bio et conventionnel dans une exploitation. Si nous raisonnons cette mixité par îlots culturaux, nous verrons un grand nombre d’entreprises passer au bio sur une partie de leur vignoble. Nous ferons disparaître le débat stérile entre bio et conventionnel ». Selon lui, le vignoble de Bordeaux, déjà à 65 % certifié par un label environnemental, doit s’embarquer tout entier dans une démarche de développement durable, un mouvement que le CIVB entend fédérer sous le slogan « Bordeaux cultivons demain ».

Bernard Farges a également souhaité que les aides OCM (Organisation commune de marché) vitivinicole puissent être utilisées pour la promotion des vins : « Nous devons collectivement faire le choix de […] consacrer nos moyens à vendre, vendre, vendre ». Le CIVB a par ailleurs décidé de mettre en réserve une partie de la production des AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur, les plus importantes du Bordelais en volume et en rouge.