Alsace : Alstom prêt à vendre son usine de Reichshoffen pour racheter Bombardier ?

TRANSPORT Le site du Bas-Rhin emploie 900 personnes

T.G. avec AFP

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Le président d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, ici en visite à Valenciennes en février 2019.
Le président d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, ici en visite à Valenciennes en février 2019. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
  • Alstom est bien lancé dans son opération de rachat de son concurrent canadien Bombardier Transport.
  • En ce sens, le groupe français a annoncé sa volonté de vendre plusieurs de ses sites, dont celui de Reichshoffen, en Alsace.
  • Le but ? Convaincre la Commission européenne de donner le feu vert à cette acquisition qui le rendrait capable d’affronter le mastodonte chinois CRRC.

Alstom a annoncé ce jeudi qu’il allait proposer à la Commission européenne plusieurs mesures  afin de pouvoir racheter son concurrent Bombardier Transport. L’une d’elles concerne la cession du site de production de Reichshoffen, dans le Bas-Rhin. Des ventes d’installations sur un site en Allemagne seraient également possibles.

« Pour répondre aux préoccupations initiales de la Commission européenne [gardienne de la concurrence en Europe], Alstom, en coordination avec Bombardier Transport et la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDQP), annonce aujourd’hui son intention de soumettre un certain nombre d’engagements », indique le groupe dans un communiqué.

Une production recentrée sur les TGV

Alstom propose notamment de céder ses trains régionaux pour le marché français, Coradia Polyvalent, et son site de production de Reichshoffen. Celui-ci emploie 900 personnes et devait fabriquer les TER nouvelle génération, qui consomment 20 % d’énergie en moins.

Le groupe se dit également prêt à vendre la plateforme Bombardier Talent 3 – des automoteurs commercialisés en Allemagne et en Autriche – ainsi que « des installations de production correspondantes situées sur le site de Hennigsdorf », au nord de Berlin, en Allemagne. La société fournira également « un accès à des tiers à certaines interfaces et produits des différentes unités de signalisation embarquée de Bombardier Transport et de systèmes de gestion du contrôle des trains ».

Enfin, le nouvel ensemble se recentrerait sur les trains à grande vitesse d’Alstom (TGV), après avoir transféré la contribution de Bombardier Transport dans d’autres trains à grande vitesse (V300 Zefiro).

La Commission européenne va décider

Ces engagements « sont soumis à l’approbation de la Commission européenne », précise Alstom qui estime que l’acquisition de Bombardier Transport « reste en bonne voie pour une clôture prévue au premier semestre de l’année 2021 ».

Alstom avait notifié le mois dernier son projet de rachat de son concurrent Bombardier Transport pour 6 milliards d’euros à la Commission européenne, qui a jusqu’au 16 juillet pour un premier examen de l’affaire. En février 2019, Bruxelles avait mis son veto à un projet de reprise d’Alstom par le groupe allemand Siemens, craignant une position trop dominante en Europe dans la signalisation ferroviaire et les trains à grande vitesse.

Avec un chiffre d’affaires cumulé de plus de 15 milliards d’euros et un carnet de commandes dépassant les 75 milliards, le mariage Alstom-Bombardier doit créer un groupe puissant, capable d’affronter le mastodonte chinois CRRC. Les deux groupes disposent actuellement d’un quasi-monopole sur le matériel roulant en France, où ils collaborent régulièrement comme sur le métro et le RER de Paris.