Center Parcs abandonne son projet à Roybon en Isère

RETRAIT Le projet, d’un montant de 390 millions d’euros, était bloqué par des zadistes depuis 2014

20 Minutes avec AFP

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Les Zadistes opposés au projet du Center parcs de Roybon, sont installés en forêt de Chambaran depuis 2014.
Les Zadistes opposés au projet du Center parcs de Roybon, sont installés en forêt de Chambaran depuis 2014. — Xavier Vila/Sipa

La succession de recours déposés depuis 2010, principalement par des associations de défense de la nature et de protection du milieu aquatique, et la transformation, en 2014, du terrain en « zone à défendre » (ZAD), auront finalement eu raison de l’investissement. Le groupe Pierre et Vacances a annoncé mercredi l’abandon de son projet de domaine Center Parcs à Roybon en Isère, lancé en 2007.

Un projet de mille cottages

Le projet, d’un montant de 390 millions d’euros, prévoyait la construction dans la forêt de Chambaran de mille cottages, de commerces et de restaurants autour d’un espace aquatique, sous la forme d’une bulle transparente maintenue à 29 degrés avec piscines, toboggans et jacuzzis. « Depuis plus de dix ans, des procédures judiciaires contestant les autorisations administratives ont fait obstacle à la réalisation du projet. L’autorisation de défrichement, indispensable à sa réalisation, [est] devenue caduque, et l’accès du site [est] bloqué par des zadistes occupant illégalement le terrain depuis 2014 », explique le groupe pour justifier sa décision.

Pierre et Vacances-Center Parcs, qui insiste sur son « engagement en faveur d’un tourisme responsable et durable », met en avant le fait que le projet de domaine « a reçu un soutien constant de toutes les collectivités locales pour ses qualités environnementales, ses retombées en termes d’emplois et de revenus ». « Ce n’est pas de gaîté de cœur » que le groupe jette l’éponge, a commenté Gérard Brémond, président et fondateur de Pierre et Vacances. « Mais on était dans une impasse, c’était devenu inextricable entre l’occupation du site, les changements de réglementations, les autorisations pour les permis de construire, pour le défrichement, la loi sur l’eau, la préservation des espèces, et les lenteurs de la justice dans les différents stades, la cour d’appel, le tribunal administratif, le conseil d’Etat. Tout cela se superposait, c’était interminable », a-t-il résumé.

D’autres projets en Allemagne et au Danemark

« On pense qu’il vaut mieux réserver nos moyens intellectuels et financiers pour d’autres développements », a souligné Gérard Brémond. Le groupe Pierre et Vacances tient ainsi à « confirmer » le développement de ses autres projets. Ainsi, en Europe, deux nouveaux domaines sont en cours d’instruction au nord de l’Allemagne et en Bavière, et deux autres sites dans la région de Berlin font l’objet d'« engagement de négociations et d’études ». En outre, « un premier projet au Danemark est en phase de finalisation conceptuelle, et deux projets supplémentaires ont été identifiés en Scandinavie ».

Dans l’Hexagone, le domaine des Landes de Gascogne (Lot-et-Garonne) doit ouvrir ses portes au printemps 2022. « Le projet a été accueilli très favorablement et soutenu tant par les collectivités territoriales que par les habitants et les acteurs de la protection de l’environnement », affirme le groupe. Trois autres projets restent contestés en justice ou combattus localement : l’extension du domaine existant de Bois-Francs (Eure), le projet de Poligny (Jura) et celui du Rousset (Saône-et-Loire) pour lequel le groupe fera « des propositions à l’automne sur des améliorations ».