Le pari de la plateforme hôtelière Fairbooking, l’alternative éthique à Booking

TOURISME Face aux grosses plateformes de réservations d’hébergement, Fairbooking veut « redonner la main aux professionnels »

Julie Urbach

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Illustration d'une chambre d'hôtel
Illustration d'une chambre d'hôtel — Alexandre GELEBART/20MINUTES
  • La plateforme Fairbooking a l’ambition d’aider les hôteliers à se passer de Booking, service souvent critiqué en raison d’une commission élevée.
  • La CCI de Nantes et le conseil départemental de Loire-Atlantique annoncent prendre les rênes de cette plateforme afin de relancer la filière du tourisme.

Le combat est rude. C’est même, selon leurs mots, « David contre Goliath ». Alors que le secteur du tourisme croise les doigts en vue d’une saison estivale plus qu’incertaine, les professionnels de l’hébergement espèrent sauver les meubles. « Après le confinement, il est urgent de relancer la filière pour maintenir l’emploi, indique Yann Trichard, président de la CCI Nantes-Saint-Nazaire. Mais pas avec les plateformes de réservations traditionnelles, qui prennent jusqu’à 20 % de commission et nuisent à la rentabilité et donc à la qualité des hébergements. »

Pour faire face aux mastodontes Booking ou Expedia, le département mise sur Fairbooking. Jusqu’alors, ce site Internet monté par hôteliers réunis en association vivotait, même si quelque 4.000 professionnels (dont 300 en Loire-Atlantique) s’y sont déjà inscrits pour tenter de contourner le système hégémonique mais très pratique des grandes plateformes. Mais Fairbooking va vivre une nouvelle vie, annoncent la CCI et le conseil départemental de Loire-Atlantique, qui viennent d’en prendre les rênes. « Les créateurs de la plateforme avaient peut-être à l’époque trop d’avance, justifie Philippe Grosvalet, le président (PS) du conseil départemental. La crise du Covid, et alors que l’on parle beaucoup de circuits courts, doit être un formidable accélérateur. Nous allons mettre dans Fairbooking toute notre énergie. »

Refonte du site

Concrètement, la plateforme vise donc à faciliter le lien entre les clients et les hôteliers et espère « replacer l’humain au cœur de la relation en redonnant la main aux professionnels ». Côté tarifs, les professionnels s’engagent à proposer les mêmes prix que ceux proposés sur Booking ou autres. C’est sur la commission qu’ils seront gagnants puisqu’elle sera d’environ 5 %, après avoir payé un abonnement annuel (25 euros). « Tout sera réinvesti dans le développement de sa plateforme et sa promotion », promet la CCI, qui engage des moyens humains et financiers, notamment pour la campagne de communication qui vient de démarrer.

Pour donner un coup d’accélérateur au service, l’inscription est gratuite jusqu’à la fin de l’année. Le temps pour Fairbooking de refondre son site Internet, d’améliorer son référencement, et d’ajouter des fonctionnalités indispensables, comme la possibilité de régler en ligne. « L’objectif est un développement local, national, puis international notamment dans les pays francophones », veut croire Yann Trichard. Le président du département de Loire-Atlantique s’est déjà engagé à faire la promotion de Fairbooking auprès de tous ses homologues.