Réforme des retraites : le Medef demande une « pause » de « quelques mois »

PATRONAT « C’est pause pour reprendre, pas pause pour jamais », a précisé Geoffroy Roux de Bézieux

20 Minutes avec AFP

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Geoffroy Roux de Bezieux, président du Medef, en mai 2020 (photo d'illustration)
Geoffroy Roux de Bezieux, président du Medef, en mai 2020 (photo d'illustration) — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Il faut « appuyer sur pause » pendant « quelques mois » sur le sujet de la réforme des retraites, alors que la sauvegarde de l’emploi et de la compétitivité des entreprises est la priorité, a estimé samedi le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux. « Il faut […] qu’on mette toute notre énergie pour ce qui compte, c’est-à-dire l’outil de production », a déclaré le patron des patrons au cours d’un débat avec le secrétaire général de la CFDTLaurent Berger aux Rencontres économiques d’Aix-en-Seine.

« C’est pause pour reprendre, pas pause pour jamais », a-t-il précisé. Laurent Berger, qui avait déjà dénoncé vendredi la volonté d’Emmanuel Macron de relancer dès cet été la « concertation » sur les équilibres financiers du système de retraites, a pour sa part constaté samedi « une telle opposition dans notre pays sur ce sujet qu’on a aucun intérêt à se mettre sur la figure à la rentrée ou pendant l’été sur sujet ».

« Enorme trou financier »

Pour le président du Medef, « si on a réussi à sauvegarder l’emploi, si on n’a pas ce million de chômeurs (supplémentaire) que tout le monde nous promet à la fin de l’année, on pourra repartir ». « Et là alors oui, il faudra discuter retraites parce qu’il y a ce projet de système universel, mais il y a aussi un énorme trou financier », a-t-il ajouté.

Geoffroy Roux de Bézieux a aussi réitéré ses réserves sur un système universel à points voulu par Laurent Berger. Le système universel, « comme on part d’un système très compliqué, c’est bien sur Powerpoint », mais « je trouve que ça ne fonctionne pas », a-t-il déclaré.

Dans un entretien à la presse quotidienne régionale publié jeudi soir, M. Macron a affirmé qu'« il n’y (aurait) pas d’abandon » de son projet de système universel, qu’il juge toujours « juste », même s’il se dit « ouvert » à ce que sa réforme « soit transformée ».