Airbus : L’avionneur prêt à licencier moins si Paris et Berlin mettent la main au porte-monnaie

DEAL A peine faite l’annonce choc d’une suppression de 15.000 postes chez Airbus, dont 5.000 en France et autant en Allemagne, le patron de l’avionneur affirme qu’il peut réduire les dégâts… si Paris et Berlin l’aident

H.M. avec AFP

— 

Guillaume Faury, le nouveau grand patron du groupe Airbus.
Guillaume Faury, le nouveau grand patron du groupe Airbus. — P. Chiasson - AP - Sipa

Le scénario du pire peut-il encore être évité en France et en Allemagne qui concentrent pour l’heure les deux tiers (environ 5.000 postes de chaque côté du Rhin) des 15.000 suppressions d'emplois prévues par Airbus ? C’est ce que semble penser Guillaume Faury, le patron de l’avionneur.

Dans un entretien à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, il esquisse un scénario qui pourrait permettre de diminuer la casse sociale et met à contribution les deux gouvernements. « Nous pensons que jusqu’à 500 emplois pourraient être sauvés si le gouvernement allemand nous soutenait, par exemple par le biais du programme de développement d’avions à hydrogène, propose-t-il. L’extension du chômage partiel à 24 mois pourrait garantir jusqu’à 1.500 emplois supplémentaires ». Ce qui ramènerait le tribut de l’Allemagne de 5.000 à 3.000 postes. Le dirigeant évoque aussi une discussion sur la semaine de quatre jours.

1.500 emplois sauvés en France ?

Et pour la France ? Guillaume Faury, sans préciser les mécanismes qu’il souhaite voir l’Etat adopter, pense pouvoir ramener de 5.000 à 3.500 le nombre de pertes d’emplois.

Considérés comme « modérés » par la direction, les chiffres annoncés mardi par Airbus ont été jugés « excessifs » par le ministère de l’Economie en France, qui a dévoilé le 9 juin un plan de soutien à l’aéronautique de 15 milliards d’euros. Ils ont aussi suscité de violentes critiques Outre-Rhin.

Ce jeudi, Airbus a indiqué aux représentants des salariés que plus de 3.500 des suppressions de postes envisagées en France le seraient à Toulouse, siège de l’avionneur. Sans compter l’effet domino sur les nombreux sous-traitants.