Licenciements chez Airbus : « Un choc terrible » en Loire-Atlantique

AERONAUTIQUE Un peu plus de 1.000 licenciements dans le département sont annoncés

David Phelippeau

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Le site d'Airbus à Bougenais, à côté de Nantes.
Le site d'Airbus à Bougenais, à côté de Nantes. — SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA
  • Ce jeudi, la direction d’Airbus a annoncé un plan de licenciements. 5.000 emplois sont concernés en France dont un peu de 1.000 en Loire-Atlantique.
  • Certains élus du 44 ont fait part de leur inquiétude et demandent des comptes à la direction d’Airbus, mais aussi à Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances.

L’ondede  choc est énorme en Loire-Atlantique. Airbus compte licencier 15.000 postes dans le monde, dont 5.000 en France. Ce jeudi, la direction de l’avionneur a dévoilé son plan : 1.071 suppressions d’emploi sont ainsi prévues en Loire-Atlantique dont 484 postes à Bouguenais, 386 à Saint-Nazaire et 201 à Stelia Saint-Nazaire.

« L’annonce par la direction d’Airbus de la suppression de 5.000 emplois en France est un coup de massue pour les Pays-de-la-Loire, qui est le deuxième bassin d’emplois du groupe [6.500 salariés] », confesse Christelle Morançais, présidente du conseil régional des Pays-de-la-Loire. Philippe Grosvalet, président du département de Loire-Atlantique, embraie : « La décision d’Airbus de supprimer plus d’un millier d’emplois en Loire-Atlantique est un choc terrible. Notre département est le deuxième pôle de l’avionneur en France et l’aéronautique représente plus de 27.000 emplois dans les Pays-de-la-Loire. »

La CCI (Chambre de commerce et d’industrie Nantes Saint-Nazaire) parle d'« un coup dur pour le territoire, en premier lieu pour les salariés et leurs familles directement impactés ».

A quoi servent les 15 milliards débloqués, s’interrogent les élus ?

Christelle Morançais ne veut pas en rester là : « Nul ne conteste la gravité de la crise qui frappe le secteur aérien, mais un plan social de cette ampleur n’est pas acceptable alors qu’Airbus bénéficie du plan de soutien de l’Etat à l’aéronautique. Un plan de 15 milliards d’euros dont l’objet même est de préserver le maximum d’emplois et de compétences ! » Elle demande ainsi à Bruno Le Maire [ministre de l’Economie et des Finances] « d’engager au plus vite, en lien avec les élus des territoires concernés, des négociations avec les dirigeants d’Airbus en vue de sauvegarder le maximum d’emplois et de protéger le savoir-faire industriel. »

Philippe Grosvalet, lui non plus, ne veut pas lâcher : « Nous ne pouvons pas nous résigner à cette sombre perspective qui plane sur notre territoire. Nous devons réagir, comme nous l’avions fait en 2007 lorsque Airbus, déjà, avait annoncé la suppression de 5.000 postes. A l’époque, nous avions su nous mobiliser collectivement pour créer les conditions permettant de sortir de ce trou d’air. »

Bouguenais et Saint-Nazaire durement touchés

Sandra Impériale, future maire de Bouguenais, a fait part de « sa consternation » dans un communiqué après « l’annonce d’une potentielle suppression de 484 emplois sur le site d’Airbus qui compte 2.700 salariés sur la commune de Bouguenais ». Elle aussi se demande pourquoi les 15 milliards débloqués pour aider la filière aéronautique ne permettent pas « de pallier cette casse sociale annoncée ». Et enfin, elle s’interroge « sur la pertinence du contrat passé par Airbus avec UTC [entreprise américaine] pour la fabrication de nacelles alors que le site de Bouguenais était en mesure de les produire ».

David Samzun, maire de Saint-Nazaire, a aussi réagi ce jeudi en fin de jounée. Il pense avant tout « aux personnes et donc aux familles qui se trouveront concernées ».