Vacances : Le littoral, mais aussi la montagne ou l’arrière-pays… Les Français comptent redécouvrir leur pays cet été

TOURISME Les vacanciers vont rechercher le calme et les grands espaces dans de nouvelles régions

Romarik Le Dourneuf

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Les Français plébiscitent les montagnes avec des lacs pour cet été, ici le Lac de Javen en Haute-Savoie
Les Français plébiscitent les montagnes avec des lacs pour cet été, ici le Lac de Javen en Haute-Savoie — xavier FRANCOLON
  • 86 % des Français qui partiront en vacances ont choisi de rester en France, selon ADN tourisme. A côté des régions touristiques historiques, de nouvelles destinations apparaissent.
  • Le littoral va partager sa part du gâteau avec des territoires ruraux et la montagne.
  • L’Occitanie, le Pays basque, la Bretagne et la Normandie devraient progresser fortement cet été.

« Et toi, tu pars cet été ? Et vous allez où ? » Ces questions sont sans doute parmi les plus posées depuis la sortie du confinement. Le 14 mai dernier, le Premier ministre, Edouard Philippe, avait annoncé que «  les Français pourront partir en vacances », les incitant à choisir la France pour destination.

Il semble avoir été entendu. Mais s’il n’est pas nouveau de rester dans l’Hexagone pendant ses congés, la crise sanitaire a chamboulé les envies et habitudes des vacanciers, qui semblent désireux de découvrir de nouvelles régions.

Des vacances locales

Peur des déplacements et d’une contamination, difficultés financières, incertitudes sur les congés… Selon une étude publiée le 1er juillet par ADN tourisme*, la fédération des offices du tourisme en France, 50 % des Français pensent partir en vacances cet été, et parmi les autres, 28 % sont encore indécis. Et les acteurs du tourisme peuvent se rassurer, 86 % de ceux qui vont partir ont déjà choisi de rester en France pour leurs congés. Si ce chiffre est plus fort que les années précédentes, selon ADN Tourisme, ce n’est pas une nouveauté. « La vraie tendance de fond, c’est le tourisme de proximité », explique Didier Arino, directeur général de Protourisme. Selon lui, plus de la moitié des Français passeront leurs vacances dans leur propre région, contre 40 % les années précédentes. A cela, deux explications majeures : « La peur des transports collectifs et leur coût ». Et pour Didier Arino, ces vacances seront marquées par la progression de la voiture individuelle.

Sébastien Venturini, CEO de Weekendesk, site de réservations de séjours courts, abonde en précisant même la distance : « D’après nos données, les gens recherchent en moyenne un lieu à moins de 90 kilomètres de chez eux. » Après des semaines de confinement, les vacanciers ne semblent pas désireux d’avaler les kilomètres pour s’évader. « Les Français savent qu’ils peuvent se dépayser, prendre le grand air dans leur propre région. »

Le littoral confirme son succès

Cette année encore, la région PACA sera sollicitée, comme tout le littoral. Mais la crise du coronavirus semble avoir rebattu quelques cartes et certaines régions, moins en vue habituellement, devraient tirer leur épingle du jeu. La Bretagne, par exemple, pourrait s’en sortir mieux que les autres, selon Didier Arino : « La Bretagne sort du mythe de la surfréquentation. Les plages y sont grandes et la promiscuité moindre. » Sa voisine, la Normandie, devrait aussi bien s’en sortir. Sur les tendances du site Weekendesk, la région arrive en deuxième position. Sa proximité avec les régions du nord et l’Ile-de-France est un atout indéniable. Les Franciliens seront aussi nombreux à profiter des charmes de leur région, puisque les réservations y sont aussi plus importantes qu’à l’habitude.

Mais s’il y a une zone qui alerte les radars des experts, c’est le Sud-Ouest. En effet, l’Occitanie et le Pays basque pourraient être les grands gagnants de l’été, et pas seulement pour leur bord de mer, comme le révèle Didier Arino : « La demande pour la campagne et le “retro-littoral”, comme le Pays basque intérieur et la Provence occitane, est de plus en plus forte. L’Occitanie ne lésine d’ailleurs pas sur la communication pour attirer les touristes. »

La montagne explose

Publicité ou pas, une autre surprise de l’été est l’engouement pour la montagne. « C’est un véritable boum des réservations ! Depuis la sortie du confinement, les demandes de séjours en montagne ont augmenté de 288 % par rapport à la même période l’année dernière », s’étonne Sébastien Venturini, avant de citer dans l’ordre les Alpes, les Vosges et le Jura, même si « tous les massifs montagneux sont en forte progression. »

Ce succès n’est pas dû au hasard, à en croire les études réalisées par les différentes structures du tourisme. Comme les autres régions en progression cette année, il correspond aux envies des Français pour cet été post-confinement. Selon ADN Tourisme, la priorité va aux lieux calmes, peu fréquentés et propices au ressourcement. La montagne les propose, et possède aussi les caractéristiques les plus recherchées, à savoir des paysages d’exception et un climat tempéré, pour éviter les effets de la canicule.

« Ces régions sont tout ce que le confinement n’est pas »

Pour Sébastien Venturini, les régions plébiscitées remplissent un autre critère : « Elles sont tout ce que le confinement n’est pas. » Il entend par là de grands espaces ouverts, aucune promiscuité, et des activités de randonnées et d’excursions que les Français affectionnent après des semaines sans pouvoir bouger. Preuve supplémentaire du rejet de la période de crise, selon Weekendesk, la chute des demandes de WIFI : « Après avoir été abreuvés de visioconférences et de consommation numérique, les Français veulent couper. »

Dernier critère de succès, d’après Sébastien Venturini, les paysages français concurrencent sans difficulté certains des plus beaux endroits du monde : « Pourquoi aller au Grand Canyon (Etats-Unis) quand on a les Cévennes ? Les plages des Caraïbes ? Il suffit d’aller en Corse ou en Bretagne, elles y sont toutes aussi belles. »

* Enquête en ligne, commanditée par les 13 comités régionaux de tourisme, réalisée du 8 au 17 juin 2020 auprès de 2.000 Français représentatifs de la population nationale.