Camaïeu : Une offre de reprise sort du lot parmi les sept déposées

ECONOMIE L’enseigne de prêt-à-porter a été placée en redressement judiciaire le 26 mai dernier

Mikaël Libert

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Une boutique Camaïeu à Lille.
Une boutique Camaïeu à Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Camaïeu a été placée en redressement judiciaire le 26 mai dernier.
  • Sept offres de reprise ont été déposées devant le tribunal de commerce.
  • Le projet de la Financière immobilière bordelaise est « plutôt satisfaisant ».

Une offre alléchante. Ce mercredi, le tribunal de commerce de Lille examinait les offres de reprise de l’enseigne Camaïeu, placée en redressement judiciaire fin mai. Sur les sept propositions déposées, mardi, celle de la Financière immobilière bordelaise (FIB) a particulièrement retenu l’attention des syndicats.

Sur les sept propositions, seules deux sont « globales », c’est-à-dire qu’elles envisagent la reprise de l’entreprise entière et pas uniquement quelques boutiques. Pour autant, cela ne garantit pas le maintien des effectifs et du nombre de magasins.

Une offre de l’industriel Michel Ohayon

La première offre globale a été déposée par trois des anciens actionnaires de Camaïeu, dont l’actuel patron et le président du directoire. « Quand on voit le volet social de cette offre, ce n’est pas réjouissant », assure Thierry Siwik, délégué syndical CGT. Selon lui, cette offre ne prévoit de garder que 367 des 634 magasins. En termes d’emploi, l’effectif serait presque divisé par deux avec 1.928 salariés conservés sur les près de 3.900. « Ils ont conditionné leur offre à l’obtention d’un prêt garanti par l’Etat alors que l’entreprise avait déjà fait la demande et avait été déboutée », ajoute le syndicaliste.

Le salut de Camaïeu viendra peut-être de la seconde offre globale, « inattendue » reconnaît la CGT. Il s’agit de la Financière immobilière bordelaise (FIB), holding dont le patron est l’industriel Michel Ohayon. Spécialisé dans l’immobilier commercial, il s’est aussi diversifié dans l’hôtellerie de luxe et les grands crus. Dans les grandes lignes, le projet prévoit de conserver 500 magasins et près de 2.700 emplois, y compris ceux du siège de l’entreprise à Roubaix. « Outre le volet social, il y a un volet investissement intéressant », assure Thierry Siwik. Selon lui, la FIB prévoir d’injecter 19 millions d’euros dans l’entreprise sur ses fonds propres et non en sollicitant un prêt de l’Etat.

L’issue de cette première audience est donc plutôt positive pour les partenaires sociaux même si « rien n’est joué ». « La prochaine aura lieu le 24 juillet. D’ici là, nous allons travailler pour améliorer encore l’offre de la FIB », explique la CGT. Le détail des offres n’a pas encore été communiqué aux syndicats et aux salariés, ces derniers se réuniront d’ailleurs en assemblée générale, jeudi.