Coronavirus : Airbus va bien supprimer 15.000 emplois, dont 5.000 en France, pour assurer sa survie

ONDE DE CHOC C’est confirmé, Airbus va supprimer 15.000 emplois dont 5.000 en France, en essayant de ne pas recourir à des licenciements secs

H.M. avec AFP

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La chaîne d'assemblage de l'Airbus A330, à Colomiers, près de Toulouse. Archives.
La chaîne d'assemblage de l'Airbus A330, à Colomiers, près de Toulouse. Archives. — F. Scheiber - Sipa
  • La mauvaise nouvelle est tombée depuis Toulouse : Airbus va supprimer 15.000 postes, dont 5.100 en Allemagne et 5.000 en France.
  • Un « plan d’adaptation » à un monde post-Covid-19, où le secteur aérien ne devrait pas sortir la tête de l’eau avant plusieurs années.
  • Des « mesures forcées » ne sont pas exclues à ce stade, mais l’avionneur veut les éviter en recourant aux retraites anticipées, aux départs volontaires et au chômage partiel de longue durée.

C’était attendu, mais l’annonce fait quand même l’effet d’un coup de tonnerre. Airbus va bien supprimer des milliers d’emplois. Le géant mondial a dévoilé ce mardi son « plan d’adaptation » post- crise sanitaire lors d’un comité d’entreprise européen réuni à Blagnac, près de Toulouse. Comme pressenti, il prévoit la suppression de 15.000 postes, les pays les plus touchés étant la France et l’Allemagne, avec respectivement 5.000 et 5.100 départs prévus « au plus tard à l’été 2021 ».

« Bien que des mesures forcées ne puissent être exclues à ce stade », l’avionneur assure dans un communiqué qu’il « travaillera avec ses partenaires sociaux pour limiter l’impact de ce plan en s’appuyant sur toutes les mesures sociales disponibles, y compris les départs volontaires, les mesures de retraite anticipée, ainsi que le chômage partiel de longue durée pour les activités qui s’y prêtent ».

Les départs contraints, ligne rouge des syndicats

C’est d’ailleurs la limite fixée par les syndicats. « Pour FO [majoritaire], la ligne rouge est de diminuer ce chiffre qui nous paraît excessif et de mettre en place toutes les mesures possibles pour ne pas avoir à déplorer le moindre licenciement contraint », a réagi le coordinateur du syndicat, Dominique Delbouis.

La CFE-CGC a la même exigence. « Cette crise est conjoncturelle, Airbus est une entreprise solide », ajoute Jean-François Knepper, délégué FO, qui exclut un appel à la grève dans l’immédiat.

Le plan de sauvetage de l’Etat n’aura pas suffi

Cette annonce, drastique, tombe en dépit du plan de soutien de 15 milliards d’euros à l’aéronautique annoncé par le gouvernement. Conscient que les critiques vont pleuvoir – Bercy juge déjà le nombre de pertes d’emploi « excessif » –, le constructeur « remercie les gouvernements pour leur soutien qui a permis à la société de limiter ces nécessaires mesures d’adaptation ». Mais dans un contexte où un retour à la normale de l’activité aérienne n’est pas attendu avant 2023, « voire 2025 », il indique être dans l’obligation d’aller plus loin.

« Airbus est confronté à la crise la plus grave que ce secteur ait jamais connue (…), déclare Guillaume Faury, le patron d’Airbus. Nous devons maintenant assurer la durabilité de l’entreprise et garantir notre capacité à émerger dans la crise en leader global du secteur aérospatial. »