«Les crédits sont cher payés par les ménages»

CONSOMMATION Reine-Claude Mader, présidente de l'association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV), souligne la nécessité de «mettre de l'ordre dans les crédits revolving»...

Maud Descamps

— 

Une vaste escroquerie internationale à la carte bleue, dont le préjudice est globalement estimé à un million d'euros, a été démantelée par la gendarmerie qui a interpellé au total cinq ressortissants roumains, moldaves et bulgares.
Une vaste escroquerie internationale à la carte bleue, dont le préjudice est globalement estimé à un million d'euros, a été démantelée par la gendarmerie qui a interpellé au total cinq ressortissants roumains, moldaves et bulgares. — Joël Saget AFP/Archives

Reine-Claude Mader est présidente de l'association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV). Elle souligne la nécessité de «mettre de l'ordre dans les crédits revolving». La Ministre de l'Economie, Christine Largarde a annoncé ce jeudi qu'un projet de loi pour lutter contre les abus serait présenté début 2009.

Quelles sont les mesures essentielles à intégrer dans le projet de loi qui sera présenté par la Ministre de l'Economie?
Tout d'abord, il faut souligner que ce projet de loi n'est pas une nouveauté. Il s'agit simplement de l'intégration des directives européennes dans la loi française. C'est une obligation. Ce qui est important, c'est d'apporter plus de transparence et de lisibilité sur les taux pratiqués. Dans les publicités pour les crédits à la consommation, les conditions de vente ne sont pas toujours précisées ou en tout cas pas toujours très visibles.
Ensuite, il faut mettre de l'ordre dans le crédit revolving. La CLCV n'est pas contre ce type de prêt, car bien utilisés, ils peuvent rendre service. Mais ils peuvent aussi être dangereux pour certains ménages. Les personnes qui ont recours à ce type de crédit sont généralement dans une situation financière difficile. Les pousser à la consommation en leur envoyant des lettres de relance, les incite à cumuler les crédits. Ces ménages finissent par être surendettés.
Enfin, je pense qu'il faut surveiller le développement des prêts à la consommation proposés via les cartes de crédits. Avec la conjoncture économique actuelle, il y a un véritable danger d'abus.

Quelles sont les règles d'application des taux d'intérêt?
Les taux varient en fonction des sommes empruntées et du type de crédit contracté. Le taux d'usure, que les sociétés de crédit ne peuvent dépasser, est fixé à 20,9%. Donc les taux pratiqués peuvent varier de 3 à 18 voire 19%. Le problème avec ces taux, c'est que les offres qui sont faites proposent souvent des taux très bas les premiers mois, pour ensuite attendre des niveaux beaucoup plus élevés. Les personnes qui souscrivent ne font pas toujours attention à ces conditions de vente. Aujourd'hui, il y a environ 1 million de ménages concerné par le surendettement, à des stades différents de la procédure. La multiplicité des taux pratiqués n'aide pas à réduire l'endettement.

Quels conseils donneriez-vous à un ménage qui souhaite contracter un crédit à la consommation ou qui est endetté?
Surtout, il faut faire attention au type de crédit et éviter le plus possible le revolving. Pour ce qui est des ménages endettés, il faut, dans un premier temps, se tourner vers l'organisme financier chez qui on a acheté le crédit et essayer de revoir les échéances. On peut aussi faire appel à une société de regroupement de crédits, mais il faut être très vigilant et bien regarder les conditions de remboursement. En dernier recours, lorsque les ménages sont surendettés, ils doivent alors se tourner vers la banque de France pour y retirer un dossier de surendettement. Leur dossier est ensuite étudié par une commission pour trouver une solution. 180.000 dossiers sont déposés chaque année en France.