Coronavirus : Le pire de la crise économique est « probablement passé », estime Christine Lagarde

PANDEMIE La présidente de la Banque centrale européenne estime qu’au sortir de la crise, l’économie aura changé de manière de fonctionner

20 Minutes avec AFP
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Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, le 11 février 2020.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, le 11 février 2020. — AFP

Un peu d’optimisme en pleine crise économique. La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a estimé ce vendredi que le « pire » de la crise économique causée par l’épidémie de coronavirus dans la zone euro est « probablement passé ». La Française, qui s’exprimait dans le cadre d’un forum virtuel, a toutefois insisté sur le fait que la reprise sera « incomplète » et « inégale » et qu’elle va « transformer » l’économie.

Son optimisme tranche avec le sombre tableau dressé jeudi par le Fonds monétaire international, qui voit en particulier les pays de la zone euro subir une sévère récession cette année (-10,2 %), conséquence directe de la paralysie de l’économie pour contenir la pandémie de Covid-19 qui l’a amené à raboter sensiblement ses prévisions.

Un sommet européen sans accord ?

En Europe, un sommet extraordinaire réunissant physiquement les dirigeants des 27 pays de l’UE aura lieu à Bruxelles les 17 et 18 juillet pour tenter de trouver un accord sur le plan de relance massif de l’économie européenne, en prévoyant la création d’un fonds de relance de 750 milliards d’euros financé par des emprunts massifs.

« Je ne pense pas qu’ils arriveront à un accord » dès la mi-juillet, a prévenu la Française, voyant des « négociations intenses » s’engager et un « processus à poursuivre ». Une rencontre de préparation est prévue lundi en Allemagne, où la chancelière Angela Merkel accueillera le président français Emmanuel Macron près de Berlin, pour leurs premières retrouvailles depuis le début de la crise du coronavirus. Au menu de leurs discussions figure notamment le futur budget de l’UE et le projet de plan de relance qui a été largement initié par le couple franco-allemand.

Le secteur du tourisme pourrait changer de visage

Un gros obstacle à surmonter dans les discussions sur le plan de relance de l’UE concerne les réticences des quatre pays dits « frugaux » – Pays-Bas, Autriche, Suède, Danemark – très réservés à l’égard de ce plan qui bénéficiera avant tout aux pays du Sud, les plus touchés par la pandémie.

Mais « ce qui est très spécial, c’est que, pour une fois, les politiques monétaires et budgétaires ont travaillé de pair » pour freiner l’impact économique du virus, s’est félicitée l’ancienne patronne du FMI. Au sortir de la crise, l’économie aura changé, « les compagnies aériennes, les hôtels et le secteur des loisirs » se développant dans un « format différent », tandis que de « nouvelles industries » vont émerger, affirme Christine Lagarde.