Sanofi veut supprimer 1.700 emplois en Europe, dont un millier en France

RECHERCHE Pour la direction de Sanofi, ce plan n’est pas lié aux conséquences de l’épidémie de coronavirus

20 Minutes avec AFP

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Le laboratoire Sanofi Pasteur lors d'une visite d'Emmaunuel Macron, le 16 juin 2020.
Le laboratoire Sanofi Pasteur lors d'une visite d'Emmaunuel Macron, le 16 juin 2020. — Laurent Cipriani / POOL / AFP

Nouvelle annonce de suppressions de postes en France. Cette fois, c’est le géant pharmaceutique français Sanofi, qui a annoncé ce vendredi la suppression de 1.700 emplois en Europe, dont un millier en France. Cette réorganisation correspond à une « nouvelle stratégie » selon Olivier Bogillot, le président France du groupe, et non à un plan social lié aux conséquences du Covid-19.

Ce plan de départs, qui a été présenté aux partenaires sociaux européens vendredi matin, concerne un millier des 25.000 collaborateurs en France (sur 100.000 dans le monde), a précisé à l’AFP Olivier Bogillot. En décembre, le groupe avait indiqué vouloir rationaliser ses dépenses, avec un objectif de deux milliards d’euros d’économies d’ici à 2022, notamment en arrêtant la recherche dans le diabète, l’un de ses cœurs de métier traditionnel, ainsi que dans le cardiovasculaire.

Les fonctions support et commerciales visées

Le plan de départs, qui doit se faire en France « exclusivement sur la base du volontariat » et s’étaler sur trois ans, concerne des postes « en CDI pour la plupart », notamment des « fonctions support, commerciales et des plateformes liées à la recherche », a détaillé Olivier Bogillot. Une réunion est prévue lundi pour « dérouler la feuille stratégique » aux partenaires sociaux français, a-t-il ajouté, sans préciser les compensations qui seraient proposées aux salariés ni l’enveloppe prévue pour financer ce guichet départs.

Seront concernés « certains sites en Ile-de-France sur les fonctions support, au siège international rue de la Boétie à Paris, au campus val de Bièvre (Val-de-Marne) ou d’autres endroits en France, mais surtout sur nos sites tertiaires », a indiqué le président France. Il n’y aura pas de fermeture d’usine, a précisé Sanofi.

Des ventes dopées pendant la crise

Le laboratoire affichait un chiffre d’affaires au premier trimestre de près de 9 milliards d’euros, soit une hausse de 6,9 % due pour moitié à la pandémie de Covid-19, pendant laquelle ses ventes de médicaments antidouleur ont été dopées à l'instar du Doliprane. Le groupe a prévu de verser un dividende supérieur à celui de l’année précédente à ses actionnaires, pour un montant total de près de 4 milliards. A contre-courant de nombre d’entreprises qui ont soit réduit, soit annulé leur dividende en raison de la crise sanitaire.

Avec ce nouveau plan, « c’est la poursuite du démantèlement du groupe et de l’externalisation des activités. Sanofi veut passer d’un total de 300 médicaments à vendre à seulement une centaine. On a l’impression que le groupe ne veut conserver que ce qui est le plus rentable », a déclaré Thierry Bodin, coordinateur CGT chez Sanofi.

Sanofi, qui est l’un des principaux acteurs mondiaux dans la production de vaccins, travaille actuellement au développement de deux vaccins contre le Covid-19, attendus courant 2021. Il avait annoncé à la mi-juin 610 millions d’investissements pour doper ses vaccins et créer une nouvelle usine en France. Mais il avait aussi créé la polémique le mois dernier, lorsque son directeur général Paul Hudson avait évoqué la possibilité de favoriser les Etats-Unis, lesquels ont investi dans sa recherche de vaccins contre le coronavirus.