Coronavirus : Selon le FMI, la France devrait connaître l’une des pires récessions au monde en 2020

DEGRINGOLADE Les nouvelles prévisions économiques du Fonds monétaire international au sujet de la France n'invitent pas à l'optimisme 

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron lors de sa visite au Super U de Saint-Pol-De-Léon, le 22 avril 2020.
Emmanuel Macron lors de sa visite au Super U de Saint-Pol-De-Léon, le 22 avril 2020. — STEPHANE MAHE / POOL / AFP

C’est la chute. L’économie française ​devrait connaître l’une des pires récessions au monde en 2020, selon les nouvelles prévisions du Fonds monétaire international, qui table sur un scénario plus sombre que celui du gouvernement. Le PIB français devrait chuter en 2020 de 12,5 %, au lieu de 7,2 %, a estimé mercredi le FMI, qui a actualisé ses prévisions mondiales.

La France, qui a enregistré près de 30.000 décès liés au Covid-19 et où le confinement a été particulièrement strict jusqu’au 11 mai, devrait connaître ainsi cette année l’une des pires récessions de la planète en raison de la pandémie de coronavirus, aux côtés de l’Italie (-12,8 %) et de l’Espagne (-12,8 %).

Le FMI plus pessimiste que le gouvernement

Dans l’Hexagone comme ailleurs, « la reprise devrait être plus progressive que prévu », explique le FMI, tout en soulignant l’incertitude qui entoure ses nouvelles prévisions. Avec ce chiffre de -12,5 %, l'institution se montre plus pessimiste que le gouvernement, qui table sur un recul du PIB de 11 %, soit la plus forte récession de la France depuis 1945.

Cette prévision, qui repose sur une hypothèse de réouverture des frontières en Europe le 15 juin et à la fin de l’été avec le reste du monde, tient compte du redémarrage seulement progressif de l’économie, avait précisé Bercy plus tôt dans le mois. Le Haut Conseil des finances publiques l’avait jugé « prudente ».

A l’heure actuelle, la situation s’est déjà nettement améliorée dans l’industrie où les fermetures d’usine sont désormais rares, et dans le bâtiment, où les chantiers ont repris, mais elle reste plus contrastée dans les services, où certains secteurs viennent tout juste de reprendre leur activité, comme la  restauration, les cinémas ou les salles de sport.

Un vrai rebond attendu en 2021

L’avenir de la reprise dépendra notamment de l’impact et de la durée des protocoles sanitaires dans les entreprises, des comportements de consommation et d’investissement des ménages et des entreprises, ainsi que du contexte international, selon l’Insee, qui n’a pas publié de prévision annuelle sur l’ampleur de la récession.

« Je ne crois pas à (…) une reprise extraordinairement rapide après un effondrement brutal qui nous permettrait de retrouver à la fin de l’année 2020 le même niveau de croissance qu’au début de cette année », avait affirmé le ministre de l’Économie Bruno Le Maire la semaine dernière lors d’une audition à l’assemblée parlementaire franco-allemande. De façon générale, à travers le monde, « la consommation devrait se renforcer progressivement l’an prochain », tout comme l’investissement qui devrait cependant « rester modéré », prédit le FMI dans son rapport.

Dans ces conditions, après une récession très forte attendue en 2020, l’institution anticipe pour la France un rebond de la croissance de 7,3 % en 2021, un chiffre en amélioration de 2,8 points par rapport à sa précédente estimation datée d’avril et proche de celui attendu par la Banque de France (7 %). Il s’agirait de l’une des plus fortes croissances parmi les pays développés. La France se place ainsi devant les États-Unis (+4,5 %), l’Allemagne (+5,4 %) ou encore l’Italie (+6,3 %) et l’Espagne (+6,3 %), selon les prévisions du FMI.