Coronavirus : Le traiteur Fauchon demande à être placé en redressement judiciaire

CRISE SANITAIRE Laminé par la crise du coronavirus et les mouvements sociaux, le traiteur français a demandé le placement en redressement judiciaire de ses activités parisiennes

20 Minutes avec AFP

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Le traiteur Fauchon a demandé le placement en redressement judiciaire de ses activités parisiennes, c'est-à-dire le siège social et les trois magasins parisiens situés place de la Madeleine.
Le traiteur Fauchon a demandé le placement en redressement judiciaire de ses activités parisiennes, c'est-à-dire le siège social et les trois magasins parisiens situés place de la Madeleine. — Miguel MEDINA / AFP

Célèbre pour ses macarons, ses chocolats et son épicerie fine, symboles du raffinement gastronomique français, le traiteur Fauchon a demandé le placement en redressement judiciaire de ses activités parisiennes, laminées par la crise sanitaire et les mouvements sociaux.

Cette procédure concerne ses activités en propre, c’est-à-dire le siège social et les trois magasins parisiens situés place de la Madeleine, adresse parisienne emblématique de la marque depuis plus de 130 ans, regroupés au sein de la filiale Fauchon SAS, a précisé une porte-parole à l’AFP.

« Cette année a été très compliquée »

« La majeure partie de notre clientèle est touristique, or les touristes ne sont pas revenus, ni la clientèle de bureaux du 8e arrondissement (de la capitale) dont nous sommes très dépendants », depuis la fin, le 11 mai, du confinement mis en place pour endiguer la pandémie de Covid-19, a-t-elle ajouté. Ces deux boutiques situées au numéro 24 et au 30 (resté fermé) de la place de la Madeleine, le magasin de thés situé au sein de l’hôtel Fauchon ainsi que le siège emploient 130 personnes.

Ces activités parisiennes avaient déjà vu leur chiffre d’affaires baisser depuis « quatre ou cinq ans » : « Avec les attentats de 2015, les mouvements sociaux et les grèves à Noël dernier, une période où nous réalisons 30 % du chiffre d’affaires annuel, puis la fermeture administrative imposée par le Covid… cette année a été très compliquée », a déclaré la même source.

Le chiffre d’affaires de la maison- mère, groupe Fauchon SA, dont l’actionnaire principal est l’entrepreneur Michel Ducros – qui en 1992 avait cédé le groupe familial d’épices Ducros à Béghin-Say, avant d’investir dans l’immobilier notamment, et d’entrer au capital de Fauchon en 1998 – a ainsi été « durement impacté » par ces évènements, alors que les « coûts d’exploitation » des magasins parisiens « sont devenus insoutenables », précise un communiqué de la direction.

« Rétablir l’équilibre d’exploitation de l’entreprise »

Celle-ci a informé ce mardi les représentants du personnel du projet d’ouverture d’une procédure collective auprès du tribunal de commerce, lors d’une réunion du comité social et économique.

Cette procédure doit permettre de « rétablir l’équilibre d’exploitation de l’entreprise, de conforter les liens avec ses partenaires et de pérenniser son activité, afin de renforcer le déploiement de sa marque » qui compte actuellement 73 boutiques, points de vente et restaurants dans le monde – dont 30 au Japon, 3 en Corée, 6 en Europe, 2 au Chili, 15 au Moyen-Orient et, en France, 17 exploités en franchise en plus des 2 boutiques et du point de vente parisiens détenus en propre.

« Cette restructuration est une étape indispensable à la réorganisation de l’entreprise et au maintien de ses équilibres vitaux », estime la direction, jugeant cette solution « la plus adaptée pour faire face à la situation de déficit financier, notamment de ses magasins place de la Madeleine », détaille un communiqué de la chaîne.

« Besoin de se réinventer »

Né en 1886, Fauchon s’est récemment lancé dans l’hôtellerie de luxe en ouvrant à l'automne 2018 un établissement cinq étoiles avec un café-restaurant à Paris. « Nous en sommes très satisfaits et un deuxième hôtel ouvrira au Japon, à Kyoto, d’ici fin 2020 », a précisé la porte-parole à l’AFP. A terme, cinq hôtels de la marque Fauchon pourraient ouvrir dans la décennie à venir, a-t-elle dit, notamment aux Etats-Unis.

La marque a aujourd’hui « besoin de se réinventer » pour suivre l’évolution des modes de consommation, a indiqué la porte-parole, précisant qu’une réflexion va désormais s’ouvrir sur les transformations nécessaires.