Autorisation, billets, masques… Les six questions à se poser avant de partir en vacances à l’étranger

TOURISME Le déconfinement en France ne signifie pas que les voyages vont reprendre comme avant

Romarik Le Dourneuf

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La vacances reprennent leurs droits, sous certaines contraintes
La vacances reprennent leurs droits, sous certaines contraintes — CATI CLADERA
  • Avec l’arrivée de l’été, les voyageurs préparent leurs vacances, pour certains à l’étranger. Pour les aider, 20 Minutes pose les questions à ne pas oublier avant de partir.
  • Il est primordial d’aller régulièrement se renseigner sur la situation du pays de destination sur le site diplomatie.gouv.fr.
  • Pour éviter une situation compliquée en cas de reprise de la crise, mieux vaut vérifier son assurance voyage et la possibilité de rapatriement.

En ce début d’été, avec les chaleurs annoncées et le déconfinement qui se poursuit, nombreux sont les Français qui songent à partir à l’étranger pour profiter de vacances « exotiques ». Seulement, la pandémie est loin d’être terminée.

Afin de ne pas partir à l’aveugle dans cette période si particulière, 20 Minutes a listé les questions à se poser.

  • Dois-je demander une autorisation spéciale avant de partir ?

En Europe :

Si aucune autorisation n’est demandée pour partir en voyage à l’étranger, cela ne signifie pas qu’il est possible d’aller partout librement. L’Union européenne a bien recommandé l’ouverture de ses frontières intérieures depuis le 15 juin. Cependant, chaque pays peut fixer ses propres règles.

Des pays comme l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie ou encore la Grèce ont déjà rouvert leurs frontières aux ressortissants européens.

D’autres appliquent certaines restrictions. Les Pays-Bas, par exemple, imposent la réservation d’un lieu de séjour sur place pour être autorisé à entrer dans le pays. Le Royaume batave demande aussi une déclaration sanitaire pour les voyageurs en provenance des zones à haut risque de contamination, dont fait partie l’Ile-de-France (Voir la liste établie par l’Agence européenne de la sécurité aérienne). Ces voyageurs sont invités à observer une période de quatorzaine à leur arrivée et s’ils répondent « oui » à une question du formulaire, ils ne seront pas autorisés à entrer.

L’Irlande, dans une situation toujours délicate, impose une quatorzaine stricte à toute personne arrivant depuis l’étranger. Les voyageurs doivent s’auto-isoler, déclarer leur lieu de villégiature et des contrôles sont menés pour s’assurer du bon respect de cette règle. Même chose en Norvège, où la période d’isolation est de 10 jours.

Certains pays interdisent purement et simplement l’entrée sur leur territoire, sauf cas exceptionnels comme des motifs familiaux. C’est le cas du Danemark.

Hors Europe :

Les pays très fortement touchés par la crise du Covid-19, comme les Etats-Unis ou le Brésil, interdisent l’entrée sur leur territoire aux ressortissants Français, à moins de détenir un permis de résidence permanent. C’est aussi le cas de la Thaïlande et du Maroc, autres destinations prisées des touristes français.

La Tunisie, elle, a rouvert ses frontières le 18 juin à toute personne en capacité de fournir un test PCR négatif et effectué 72 heures avant son départ. Ces personnes devront observer une auto-isolation de 14 jours et les touristes devront séjourner dans les hôtels agréés qui remplissent les conditions établies par les ministères de la Santé et du Tourisme tunisiens.

Pour s’informer sur la situation en temps réel dans le pays de votre destination, consultez le site du gouvernement www.diplomatie.gouv.fr à la rubrique Conseils voyageurs.

  • Puis-je annuler mon billet d’avion si de nouveaux cas de coronavirus se présentaient avant mon départ ou si le pays de destination fermait ses frontières ?

La possibilité de se faire rembourser son billet dépend de plusieurs critères. Si c’est un billet d’avion seul, il est possible de se le faire rembourser si c’est la compagnie aérienne qui annule la réservation, quelle qu’en soit la cause. C’est pourquoi même si le pays de destination ferme ses frontières ou annonce un confinement, il faut demander un avis de situation à la compagnie et ne surtout pas annuler soi-même son billet. Ce remboursement est obligatoire et ne peut être remplacé par un avoir sans l’accord du voyageur.

Si l’initiative est prise par le voyageur, il faut vérifier que le billet est modifiable ou remboursable selon les conditions de la compagnie aérienne. Il est alors fort probable que le voyageur paie des frais ou des pénalités.

Dans le cadre d’un séjour organisé par une agence de voyages, toute annulation faite entre le 1er mars et le 15 septembre 2020 est remboursable, que ce soit le voyageur ou l’agence qui annule. L’agence devra soit proposer un remboursement immédiat de l’intégralité de la prestation si l’annulation est justifiée par des mesures sanitaires à cause de la pandémie, soit proposer un avoir valable 18 mois, et dans les 3 mois qui suivent l’annulation, proposer une prestation identique ou équivalente à la première, sans supplément de prix.

Pour connaître leurs droits, les voyageurs peuvent se rendre sur le site de l’UFC-Que choisir qui a mis en place un simulateur.

  • Que m’arrive-t-il si la crise repart dans le pays où je passe mes vacances ?

La première chose à faire en partant à l’étranger pour ses vacances est de faire répertorier son voyage sur le site Ariane . Les voyageurs qui s’inscrivent sur ce programme national reçoivent des informations de sécurité au sujet du pays de destination et peuvent, via une application, recevoir des alertes, via mail et SMS, comme celle d’un regain de la pandémie ou de la fermeture prochaine des frontières.

Dans le cas d’une reprise de la crise qui nécessiterait un rapatriement en urgence, mieux alors avoir une assurance voyage de qualité. Il est indispensable de regarder ce que proposent les voyagistes et compagnies aériennes, mais également de se renseigner auprès de son assurance habitation et de sa banque pour s’assurer de disposer des clauses qui permettraient d’organiser et de prendre en charge un rapatriement.

Dans certains pays comme la Chine ou Cuba, cette assurance est obligatoire, alors que dans d’autres, elle est fortement conseillée de par la hauteur des frais médicaux.

  • Pourrais-je profiter de toutes les activités sur place, comme les parcs d’attractions ou les centres de loisirs ?

Tous les pays dont les frontières sont ouvertes ne sont pas totalement confinés. Certains de nos voisins plus ou moins lointains vivent toujours une période sensible et ne permettent l’ouverture que de certains commerces. Ainsi, pour connaître la situation dans chaque pays, il est préférable de consulter la page dédiée au pays de destination sur le site : www.diplomatie.gouv.fr.

Les loisirs sont accessibles en fonction de la phase de déconfinement locale. Exemple : les parcs à thèmes, à l’image d’Europa-Park en Allemagne, peuvent limiter le nombre de personnes présentes dans leur enceinte. Une réservation est alors obligatoire, et il est préférable de s’y prendre suffisamment en amont pour ne pas se retrouver le bec dans l’eau à la dernière minute. De la même manière, en Italie, les centres de loisirs sur la plage pour les enfants limitent le nombre d’inscription à 9 ou 10.

  • Puis-je louer un véhicule sur mon lieu de vacances ?

Les transports publics étant à risque et souvent restreints en cette période, la location de véhicule peut s’avérer une solution pour se déplacer en limitant les contacts. Dans la majorité des pays déconfinés, les loueurs ont repris leur activité. S’il ne faut pas tarder à prendre une réservation en raison de la forte demande, mieux vaut aussi se renseigner sur les mesures sanitaires appliquées par les professionnels. De plus, il est indispensable de se renseigner sur les règles sanitaires à respecter dans certains pays. Par exemple, en Espagne, il est obligatoire de porter un masque même à l’intérieur du véhicule si tous les passagers ne font pas partie du même foyer. Les contrats de location sont à détailler à la louche, en particulier les clauses d’annulation pour s’assurer de la possibilité de se faire rembourser en cas d’impossibilité d’effectuer son voyage suite à une possible évolution des contaminations en France ou dans le pays de destination.

  • Faut-il prévoir son propre stock de masques et de gel pour partir à l’étranger ?

La pénurie de masques survenue au début de la pandémie semble résolue dans une majorité de pays. Toutefois, en partant à l’étranger, il est difficile d’être sûr à 100 % de trouver tout le matériel nécessaire (masques, gel…) aux protocoles sanitaires et de s’assurer que ces produits sont bien aux normes pour lutter contre les risques de contamination. C’est pourquoi plusieurs assureurs incitent les voyageurs à partir avec leur propre stock de gel hydroalcoolique (attention à la taille des flacons si vous les prenez dans un bagage à main en avion), et un petit stock de masques. Pour les masques en tissu, il faut en avoir suffisamment pour en changer tout en les lavant régulièrement.

De manière globale, il est fortement conseillé de contacter l’ambassade en France du pays en question pour obtenir tous les renseignements voulus.