La députée LREM Sophie Panonacle remet un rapport sur l’économie maritime, en espérant que « la mer sera prise en compte dans le futur remaniement »

POLITIQUE La députée LREM du bassin d’Arcachon (Gironde), Sophie Panonacle, vient de remettre un rapport à Emmanuel Macron et Elisabeth Borne, sur l’économie maritime en vue de la création d’une véritable stratégie à l’échelle de la France

Mickaël Bosredon

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Illustration mer, littoral, océan
Illustration mer, littoral, océan — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Les secteurs de l'économie de la mer ont dressé une liste de 150 mesures pour avancer vers une économie maritime compétitive et décarbonée.
  • L'initiative a été coordonnée par la députée LREM du bassin d'Arcachon Sophie Panonacle, qui plaide pour une meilleure connaissance des océans et des territoires littoraux.
  • Elle espère que dans le cadre « du futur remaniement ministériel, la mer sera prise en compte » avec pourquoi pas la création « d'un ministère de la Mer. »

Des énergies marines à la reconstruction navale ou la pêche, les secteurs de l’économie de la mer, qui représentent 400.000 emplois en France, ont dressé une liste de 150 mesures pour avancer vers une « économie maritime française compétitive et décarbonée ».

Cette initiative, nourrie de plus d’une centaine de contributions d’acteurs de tous les secteurs (syndicalistes, ONG, armateurs, organisations professionnelles de pêcheurs, de la construction navale ou encore des activités nautiques) et coordonnée par la députée LREM du Bassin d’Arcachon (Gironde) Sophie Panonacle, a donné lieu à un volumineux rapport remis jeudi à Emmanuel Macron, et ce mardi à la ministre de la Transition écologique et solidaire Elisabeth Borne.

Remise du rapport sur l'économie maritime par la députée Sophie Panonacle (à gauche) à la ministre Elisabeth Borne
Remise du rapport sur l'économie maritime par la députée Sophie Panonacle (à gauche) à la ministre Elisabeth Borne - Sophie Panonacle

Dans une lettre au Président de la République, l’élue souligne que « l’économie de la mer a été gravement touchée pendant la crise du coronavirus, aucune filière n’a été épargnée » et que « toutes les entreprises et leurs salariés ont été affectés ».

« Il faut démontrer que l’écologie et l’économie ne sont pas opposées »

Toutes les mesures proposées dans le rapport « viennent des professionnels de la mer », insiste la députée dans un entretien à 20 Minutes, « et elles doivent constituer le socle du travail à venir sur la construction d’une réelle stratégie maritime. » Selon Sophie Panonacle, « il y a trois volets qui doivent dicter cette stratégie : le volet social, avec le dialogue social, la formation et l’emploi ; le volet économique compétitif et décarboné ; et le volet écologique, avec une meilleure connaissance des océans et la gestion durable des ressources. »

L’élément fédérateur de toute la communauté maritime, « c’est l’océan, et ce qui est plus important que tout, c’est sa protection pour pouvoir continuer à développer l’économie maritime, analyse l’élue arcachonnaise. Le fil conducteur reste la transition énergétique et environnementale de cette économie maritime. Les acteurs en ont conscience et ils n’ont pas attendu la crise pour démarrer cette transition, mais il faut accélérer. Il faut démontrer que l’écologie et l’économie ne sont pas opposées. »

Ainsi, si l’on prend l’exemple des énergies marines renouvelables (éoliennes, hydroliennes…), « nous avons pris du retard mais il est encore temps de le rattraper, estime la députée. Pour cela, il faudra de l’allégement réglementaire, et il faudra alléger les recours. Je soutiens la demande des entreprises pour qu’il n’y ait plus qu’un recours possible en conseil d’Etat, car il est évident qu’il y a un certain nombre de recours abusifs qui font perdre énormément de temps. »

« Une semaine pédagogique pour parler de la mer et des littoraux aux Françaises et aux Français » ?

La députée LREM met également en avant « la mauvaise connaissance de l’ensemble des ressources qui proviennent de l’océan. Il ne s’agit pas en raison de cette méconnaissance de faire n’importe quoi : l’océan permet de nous nourrir, de nous soigner, donc il faut aller y récupérer un certain nombre de ressources, mais sans faire de la surexploitation. C’est pourquoi il faut mettre les moyens sur la science et la connaissance des océans. »

Il faudra aussi réfléchir selon elle à faire « de la pédagogie de manière ludique ». « L’année dernière j’ai mis en place la Fête de la mer et des littoraux. La deuxième édition aura lieu cette année du 17 au 19 juillet dans un contexte un peu particulier, mais on pourrait peut-être envisager une semaine pédagogique au moment de la journée mondiale des océans, et utiliser ce vecteur pour parler de la mer et des littoraux aux Françaises et aux Français. Il faut que les gens comprennent pourquoi nous sommes la deuxième puissance maritime mondiale. »

« Il a fallu se battre à la fin du confinement pour la réouverture des plages »

Enfin, la députée estime « qu’à Paris, on connaît mal les territoires littoraux. » « Par exemple, souligne-t-elle, il a fallu se battre à la fin du confinement pour la réouverture des plages, alors que certains scientifiques ont souligné que l’épidémie a été globalement moindre sur les territoires littoraux. Et au-delà des territoires, il faut maintenant faire comprendre que l’économie maritime doit devenir une véritable filière stratégique de notre pays. Nous pourrions prendre le leadership dans ce domaine et c’est, à la clé, plusieurs millions d’emplois. »

L’élue girondine attend notamment « de voir comment va se passer le remaniement ministériel. Est-ce que la mer sera prise en compte ? J’entends parler d’un éventuel ministère de la Mer dans le cadre de ce remaniement, à suivre… »