Côte d’Azur : Des vacanciers dragués tous azimuts pour relancer le tourisme

DECONFINEMENT Le nombre de destinations desservies depuis Nice augmente mais l’activité est toujours incertaine

Fabien Binacchi

— 

Sur la Croisette, à Cannes, les palaces n’ont pas encore rouvert
Sur la Croisette, à Cannes, les palaces n’ont pas encore rouvert — SYSPEO/SIPA
  • La semaine dernière, l’aéroport de Nice a annoncé une « accélération » de la reprise de son trafic.
  • « La situation reste très contrastée en fonction des hôtels », selon le patron de l’office du tourisme Nice Côte d’Azur.
  • Les opérations promotionnelles se multiplient pour tenter d’attirer des clients.

Ils ont pu pousser un petit « ouf » de soulagement. Les acteurs du tourisme azuréen, minés par l’épidémie de Covid-19, ont finalement eu droit à une bonne nouvelle en fin de semaine dernière. Elle est venue de l’aéroport de Nice. La plateforme a annoncé qu’elle allait pouvoir « accélérer » la reprise de son trafic, avec 79 destinations en juillet. De quoi remplir un peu plus les carnets de réservation, au moins pour certains hôtels.

« La situation est très contrastée en fonction des établissements, et cela dépend de beaucoup de paramètres, de leur emplacement, de leur appartenance à une chaîne ou non, explique Denis Zanon, le directeur de l’office métropolitain du tourisme Nice Côte d’Azur. En moyenne, les hôtels pensent pouvoir atteindre un taux de remplissage de 50 à 60 % sur l’été. Mais tout est encore incertain. Il y a toujours quelques annulations. L’augmentation du nombre de destinations est un point très positif, mais l’excellente nouvelle serait la réouverture de l’espace Schengen. »

Des chambres deux à trois fois moins cher

En attendant, la destination drague tous azimuts pour attirer les vacanciers. Le comité régional du tourisme Côte d’Azur a débloqué deux millions d’euros pour son plan de relance. Avec de la communication sur tous les supports. Et des offres promotionnelles. Même dans le haut de gamme.

Sur la Croisette, l’hôtel Martinez propose des chambres à 300 euros la nuit « là où, d’habitude, elles sont deux à trois fois plus chères », explique le directeur général Yann Gillet. L’établissement, qui rouvrira vendredi, participe en même temps à la promotion lancée par la municipalité cannoise (une nuitée offerte pour trois achetées).

Il a également dû « inventer un nouveau produit » en plus de s’adapter aux contraintes sanitaires. « Nous proposons de nombreuses activités, des packages, pour apporter un autre contenu alors que la crise contraint à limiter les sorties, de nuit notamment », explique le responsable du 5-étoiles. Des initiatives qui séduisent les clients français, dont la part atteint un niveau inégalé.

Les plages comme des vitrines

Comme au Martinez, le Carlton a rouvert sa plage avant ses chambres. « Elle est en plus totalement neuve après un renouvellement des concessions. C’est un signal fort que l’on envoie : ‘Il y a de la vie. Vous pouvez venir’», avance Giuseppe Vincelli, le patron du prestigieux hôtel qui a ouvert les réservations de ses suites à partir du 15 juillet.

En attendant, c’est donc sur le sable que ça se passe, « avec une clientèle locale et nationale ». Et seulement 120 transats. Alors que l’espace de 2.500 m2 aurait pu en accueillir jusqu’à 300 dans un monde sans Covid-19.