Après 60 ans, difficile de contracter un emprunt

ARGENT Pour réaliser un achat immobilier ou s’acheter une nouvelle voiture à crédit, les seniors doivent s’attendre à payer le prix fort

JP pour 20 Minutes

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Pour financer leur projet, les seniors doivent montrer patte blanche à leur banquier.
Pour financer leur projet, les seniors doivent montrer patte blanche à leur banquier. — IStock / City Presse

À 60 ans, on peut encore faire des projets. Revendre sa maison pour se rapprocher de ses enfants ou goûter aux joies de la campagne après une vie de labeur citadin, entreprendre des travaux de rénovation ou changer de voiture… Tout cela nécessite de se tourner vers l’emprunt. Une démarche malaisée quand on a passé le cap de la soixantaine.

Convaincre le banquier

Il ne faut pas se faire d’illusions, plus un client est âgé, plus le remboursement de son crédit va se prolonger alors qu’il aura davantage de risques de subir des problèmes de santé. C’est la raison pour laquelle la frilosité des banques augmente avec le nombre des bougies que vous avez déjà soufflées.

Alors qu’emprunter n’est pas un problème à la cinquantaine, cela devient compliqué dès lors qu’on passe le cap de la soixantaine. Les revenus disponibles baissent, la santé est fragile et les assurances sont nettement plus élevées. Pour obtenir un prêt au taux le plus avantageux, il faut alors avoir des ressources confortables, un apport s’élevant au moins à 10 % du montant du crédit et une durée d’emprunt la plus courte possible.

Une assurance très cher

Obtenir une assurance à un prix raisonnable une fois passée la soixantaine est une autre paire de manches. Face à des risques de santé accrus, le simple questionnaire traditionnellement requis pour l’emprunt laisse la place à un examen médical en bonne et due forme pour un candidat de plus de 60 ans. Une étape à ne pas prendre à la légère. En cas d’omission sur votre état de santé, si minime vous semble-t-elle, l’assureur pourrait annuler votre garantie en cas de problème.

Difficile à obtenir, cette couverture est aussi plus onéreuse, alors que sa validité est de courte durée. L’assurance décès prend en général fin aux 70 ans de l’assuré, tandis que les garanties prévues en cas d’invalidité ou d’incapacité de travail s’achèvent le plus souvent à 65 ans. Il est donc essentiel de lire les petites lignes du contrat en la matière. Pour faire baisser la facture et bénéficier d’une bonne couverture, les seniors ont donc tout intérêt à recourir à la délégation d’assurance. C’est l’occasion de se tourner vers des assureurs spécialisés proposant des contrats individuels dédiés aux seniors, parfois même jusqu’à 80 ans.

Des produits adaptés

Les banques ont développé plusieurs produits financiers adaptés aux profils des seniors :

  • Le « prêt à paliers » : il consiste à profiter de vos revenus d’actif pour verser des mensualités plus élevées à taux fixe dans les premières années de remboursement, avant de basculer sur des versements moindres mais basés sur un taux variable, à partir de votre retraite.
  • Le prêt viager hypothécaire : si vous êtes déjà propriétaire, votre maison sert à garantir votre emprunt. Vous continuez alors à y vivre, sans aucune mensualité à payer. Le crédit ne sera remboursé qu’à votre décès par la vente du bien ou par vos héritiers.