Coronavirus : Airbus face à des décisions « amères » pour l’emploi « avant fin juillet »

LE PIRE EST A VENIR Le président exécutif d’Airbus ne prévoit pas des jours heureux pour les salariés du groupe

G. N. avec AFP

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Airbus prévoit des temps difficiles pour l'emploi dans le groupe.
Airbus prévoit des temps difficiles pour l'emploi dans le groupe. — Michel Euler/AP/SIPA

Ça ne sent pas bon du tout. De nouvelles réductions de cadence de production sont à envisager pour Airbus qui pourrait être amené à prendre des décisions « amères » et « difficiles » pour l’emploi « avant fin juillet », a prévenu le président exécutif du constructeur aéronautique européen. Dans une lettre adressée aux près de 140.000 salariés du groupe et publiée par le journalLa Tribune samedi, Guillaume Faury leur indique qu’il a « l’intention de revenir » vers eux « avant fin juillet avec plus de détails » sur le « plan d’adaptation » du groupe, qui a déjà réduit de 40 % sa production pour 2020 et 2021 comparé aux prévisions précédentes pour ces deux années, afin de faire face à la crise du Covid-19.

Selon Guillaume Faury, le niveau de trafic aérien de 2019 ne sera pas retrouvé au niveau mondial avant 2023 « au mieux », « voire 2025 ». « La crise du secteur de l’aviation sera longue et d’une ampleur telle qu’elle nécessite que nous prenions des mesures plus importantes » que celles déjà prises chez Airbus, explique le responsable.

Suppressions d’emplois en vue

« L’ampleur de la crise du Covid-19 pour notre secteur impose à Airbus de s’adapter. Cette adaptation signifie en fait une réduction significative du format de notre entreprise. Après des décennies de croissance ininterrompue, c’est une véritable épreuve. Elle nous contraint à des décisions amères », ajoute Guillaume Faury dans sa lettre qui évoque aussi le besoin de « courage » face à « des décisions difficiles ».

« Ces décisions sont malheureusement nécessaires pour protéger l’avenir de notre entreprise », estime le dirigeant. Devant des cadres du groupe, il avait déjà indiqué qu’un plan de restructuration comprenant des suppressions d’emplois serait nécessaire. « Nous sommes déterminés à préserver autant que possible le savoir-faire de l’entreprise », souligne néanmoins M. Faury, « c’est aussi ce qui explique que nous ne nous soyons pas précipités pour annoncer quoi que ce soit plus tôt ».

L’américain Boeing, qui était déjà empêtré depuis plus d’un an avec les déboires de son Boeing 737 MAX, a de son côté annoncé fin avril la suppression de 10 % de ses effectifs, soit 16.000 emplois. Le Canadien Bombardier compte réduire ses effectifs de 2.500 postes, quand aux motoristes aéronautiques General Electric et Rolls Royce, ils ont annoncé respectivement 12.600 et 9.000 réductions d’effectifs.