Coronavirus en Bretagne : La Britanny Ferries renonce à construire son premier navire au gaz naturel

TRANSPORTS Frappée de plein fouet par la crise, la compagnie bretonne a mis fin au contrat signé avec le chantier allemand FSG

J.G. avec AFP

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Malgré la mise à l'eau de sa coque en  décembre 2018, le "Honfleur" ne transportera jamais de passagers.
Malgré la mise à l'eau de sa coque en décembre 2018, le "Honfleur" ne transportera jamais de passagers. — Fred Tanneau / AFP

Cela devait être le premier navire français de transport de passagers propulsé au gaz naturel liquéfié (GNL). Mais le Honfleur ne verra jamais l’eau. Fortement touchée par la crise du coronavirus, la Britanny Ferries vient d’annoncer avoir mis fin au contrat signé avec le chantier allemand FSG pour la construction du bateau, confirmant une information du Marin. Selon l’hebdomadaire, le chantier, situé dans le nord de l’Allemagne, a déposé le bilan en mai. Le Honfleur, d’un coût de 180 millions d’euros, devait être le ferry « le plus grand et le plus moderne d’Europe » fonctionnant au GNL, un carburant qui limite significativement les émissions polluantes.

Sa construction avait commencé en mars 2018. Sa coque avait été mise à l’eau en décembre de la même année lors d’une cérémonie à laquelle avaient assisté plusieurs centaines de personnes. Mais le chantier a ensuite accumulé les retards. Le navire devait entrer en service en juillet 2019 sur la ligne Caen-Ouistreham/Portsmouth, dans le sud de l’Angleterre, la plus fréquentée de la compagnie, avec 922.000 passagers et 280.000 voitures transportés chaque année. Avec 187 m de long, il devait pouvoir embarquer près de 1.680 passagers et 130 remorques de fret ou 550 voitures et 64 remorques de fret.

De lourdes pertes en raison de la crise du coronavirus

Brittany Ferries emploie entre 2.400 et 3.200 personnes selon la saison. En 2019, la compagnie a transporté 2,5 millions de passagers, 866.000 voitures et 201.500 camions entre la France, le Royaume-Uni, l’Irlande et l’Espagne. Avec la crise du coronavirus, la compagnie prévoit une perte de chiffre d’affaires entre mars et fin octobre comprise entre 200 et 250 millions d’euros.

Des députés ont demandé lundi au Premier ministre Edouard Philippe des « mesures d’urgence » pour les entreprises de transport transmanche de passagers, soulignant qu’elles n’étaient pas rattachées au plan de relance du tourisme, bien qu’elles contribuent à son essor.