Coronavirus : Le gouvernement demande à Air France d’éviter les départs « contraints »

SUPPRESSIONS DE POSTES La compagnie aérienne est en grande difficulté après l’annulation de la quasi-totalité des vols avec la crise du coronavirus et le confinement

20 Minutes avec AFP

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Des avions Air France sur le tarmac de Roissy-Charles de Gaulle.
Des avions Air France sur le tarmac de Roissy-Charles de Gaulle. — AFP

Très affectée par la crise du coronavirus, Air France envisage de supprimer des milliers de postes. Interrogé sur France inter, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a prié la compagnie aérienne de ne pas engager de départs « contraints ».

« Il y aura des ajustements nécessaires, mais je souhaite et je demande à Air France qu’il n’y ait pas de départs forcés. Je crois que c’est ça la ligne rouge importante, qu’il n’y ait pas de départs contraints », a déclaré le ministre sur France Inter. Le ministre n’a toutefois pas confirmé le chiffre de 8.000 suppressions d’emplois au sein de la compagnie, avancé mercredi par le quotidien Les Echos.

400 postes supprimés et des sureffectifs identifiés

« Je souhaite que ce soit moins de 8.000 postes bien entendu. Cela veut dire que je crois profondément dans l’avenir de notre compagnie aérienne », a affirmé le ministre. A ce stade, les discussions avec la direction portent pour les pilotes d’Air France sur « un dispositif de rupture conventionnelle collective » et « 400 postes supprimés », a indiqué mercredi un représentant du syndicat des pilotes SNPL.

En parallèle, « il y a aussi des discussions » sur l’avenir des 200 pilotes qui volaient sur l'A380, modèle appelé à sortir de la flotte de la compagnie, a-t-il ajouté. « Un sureffectif de 1.800 postes a été identifié » chez les hôtesses et stewards, selon le syndicat SNGAF, et « environ 1.800 postes » seraient visés par la direction dans les fonctions supports, avait indiqué en mai Didier Dague, administrateur salarié (FO) d’Air France.

Une menace réelle sur la compagnie

Enfin, chez Hop !, filiale régionale d’Air France particulièrement menacée par la refonte du réseau court-courrier du groupe, Joël Rondel, secrétaire du comité social et économique (CSE), redoute la suppression de la moitié des 2.700 postes actuels.

Malgré ces postes menacés, Bruno Le Maire a défendu le soutien de sept milliards d’euros accordé à la compagnie par l’Etat, sans condition formelle sur l’emploi. « Quand le trafic aérien s’écroule, dire "je mets de l’argent mais on va absolument garder chaque emploi", à quoi ça conduit ? Ça peut conduire à des risques de faillites et c’était ça qui menaçait Air France », a-t-il justifié.