Écolo et économique, comment faire pour récupérer l’eau de pluie chez soi ?

LOGEMENT Geste écoresponsable, la récupération de l’eau de pluie est aussi un bon moyen pour réduire vos factures

Julie Polizzi pour 20 Minutes

— 

Des dispositifs simples et à la portée de tous permettent de récupérer l'eau de pluie pour l'utiliser dans le jardin.
Des dispositifs simples et à la portée de tous permettent de récupérer l'eau de pluie pour l'utiliser dans le jardin. — IStock / City Presse

Ressource la plus précieuse entre toutes, l’eau est une denrée rare et son acheminement est onéreux. D’après les données disponibles d’Eau France, le service public d’information en la matière, les Français s’acquittent en moyenne de près de 40 euros par mois à ce titre, bien que les prix changent du tout au tout selon les territoires.

Il ne tient toutefois qu’à vous de limiter le gaspillage et de faire des économies en installant de quoi récupérer l’eau de pluie.

De faibles besoins en eau potable

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon l’Agence de la transition écologie (Ademe), chaque Français consomme 143 litres d’eau potable par jour, ce qui est énorme. Mais seulement 7 % de cette eau sont en réalité utilisés pour boire pour et la préparation des repas. Les 93 % restants passent dans l’hygiène corporelle, les sanitaires, la lessive, la vaisselle et l’entretien de l’habitat.

Or, on estime qu’il est possible de récupérer 600 litres d’eau de pluie par mètre carré de toiture chaque année, soit quelque 60.000 litres pour une maison individuelle de 100 m2 au sol.

Quel système de stockage ?

Le moyen de stockage et le niveau de filtrage dépendent de l’usage que vous comptez faire : arroser le jardin, remplir les chasses d’eau, faire tourner le chauffe-eau ou le lave-vaisselle. La taille des contenants et les matériaux à prévoir ne seront pas les mêmes.

Si vous souhaitez seulement pouvoir entretenir votre jardin et nettoyer votre voiture, une cuve hors sol en polyéthylène ou polypropylène placée en extérieur suffit. Reste à canaliser les écoulements d’eau de pluie sur votre toiture grâce à un système de gouttières finissant au-dessus de votre collecteur. Des grilles de protection, au niveau des gouttières et du récupérateur, permettent de limiter les débris et les feuilles mortes en amont, tandis qu’un filtre supplémentaire installé sur le bac vous permettra de vous débarrasser des insectes. Pour éviter que votre cuve ne soit endommagée par le froid et le gel, il faudra penser à la vider et à l’entreposer à l’abri pendant l’hiver.

Un système enterré

Si vous souhaitez utiliser l’eau de pluie dans la maison, une cuve en ciment ou en pierre enterrée dans le jardin est indispensable. Cette citerne opaque est alors reliée à un récupérateur d’eau via plusieurs filtres (bactérien, osmoseur). Une pompe placée à l’extrémité permet d’alimenter les appareils électroménagers, les toilettes et les robinets.

Ce système comporte toutefois plusieurs contraintes. Tout d’abord, pour pouvoir évacuer les eaux usées, il va falloir raccorder votre installation au réseau d’assainissement collectif, après avoir fait une déclaration d’usage obligatoire en mairie. Par ailleurs, vous devrez vous assurer de la propreté de vos équipements tous les six mois et procéder au nettoyage des filtres et à une vidange tous les ans. Tous les points d’eau reliés au récupérateur (robinets de la maison et W.-C.) devront aussi comporter une signalétique de sécurité « eau non potable ». Côté tarif, alors qu’on trouve des récupérateurs hors sol pour une cinquantaine d’euros, il faudra compter entre 1.000 et 3.000 euros pour sa version enterrée.