PSA renonce à faire travailler ses salariés polonais dans son usine du Nord

EMPLOI Le gouvernement a demandé au constructeur automobile de privilégier les intérimaires

B.Ch. avec AFP

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L'usine d'Hordain (Nord) de PSA en 2016
L'usine d'Hordain (Nord) de PSA en 2016 — ISA HARSIN/SIPA

L’usine PSA d’Hordain (Nord), qui devait faire venir plusieurs dizaines d’ouvriers polonais sur son site pour renforcer ses équipes, a annoncé samedi à l’AFP que, finalement, elle ferait appel à une équipe composée « majoritairement d’intérimaires » et de « quelques » collègues d’usines européennes du groupe.

La direction avait indiqué jeudi lors d’un CSE qu’un « premier contingent » de 120 Polonais de l’usine de Gliwice – produisant des Opel Astra – allait arriver, puis que 150 autres les rejoindraient la semaine suivante, tous pour une mission de trois mois, logés par l’entreprise dans la région et payés selon la convention collective française du secteur.

PSA comprend « l'émotion que ce sujet suscite »

« Nous avions cherché à faire jouer l’efficience dans le groupe, avec le principe de solidarité industrielle, le groupe avait alors décidé de faire venir des salariés de Gliwice concernés par une activité plus faible », a expliqué le responsable communication de PSA Hordain, Jean-Pierre Papin.

« Compte tenu de l’émotion que ce sujet suscite », ce que « nous comprenons dans le contexte actuel du pays », – mais aussi de la pression mise par le gouvernement sur le constructeur automobile pour renoncer – « nous avons travaillé à une solution alternative », permettant « de monter cette équipe supplémentaire » finalement constituée « majoritairement d’intérimaires », a-t-il dit. Ces intérimaires viendront donc « en substitution d’une partie importante des salariés initialement prévus de Gliwice », a détaillé Jean-Pierre Papin.

Le gouvernement en opposition

Le gouvernement était monté au créneau vendredi soir pour déminer ce sujet sensible, au lendemain de l'annonce par l'Insee de la destruction de près d'un demi-million d'emplois dans le secteur privé, un drame social provoqué par un effondrement de 40% de l'intérim sous l'effet des mesures de confinement prises pour lutter contre l'épidémie de Covid-19.

Les ministres du Travail et de l'Economie, Muriel Pénicaud et Bruno Le Maire, avaient demandé vendredi à PSA « d'embaucher en priorité les intérimaires » et de « renoncer » à ce projet annoncé la veille par la direction à l'issue d'un CSE. «Dans la situation actuelle, les entreprises doivent tout faire pour protéger l'emploi en France», a estimé le gouvernement.

Samedi matin, le ministère de l’Economie avait annoncé que le groupe automobile PSA s’était engagé auprès du ministre Bruno Le Maire à revenir sur sa décision de faire venir en France certains de ses ouvriers polonais pour renforcer ses équipes du site d’Hordain.