Coronavirus: La Fed et la pandémie font dévisser les marchés actions

BOURSES Les marchés boursiers américains ont connu jeudi leur pire séance depuis trois mois. Le Dow Jones a cédé 6,90 %, le Nasdaq 5,27 % et le S&P 500 est tombé de 5,89 %

20 Minutes avec AFP

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La bourse de New York (illustration).
La bourse de New York (illustration). — CHINE NOUVELLE/SIPA

Le yo-yo boursier n’est pas terminé. La remontée spectaculaire des Bourses européennes et américaines entamée après le plongeon de mars a subi un brusque coup d’arrêt jeudi. Les craintes d’une deuxième vague de Covid-19 et l’anticipation d’un long chemin vers la reprise économique n’ont cessé d’agiter les marchés toute la journée.

Le CAC40 chute de 4,71 %

Aux Etats-Unis, Wall Street a connu sa pire séance en trois mois, le Dow Jones cédant 6,90 %, le Nasdaq perdant 5,27 % et le S & P 500 tombant de 5,89 %. Suivant la même ligne, les Bourses de Paris (-4,71 %), Francfort (-4,47 %) et Londres (-3,99 %) ont elles aussi connu une très mauvaise séance. L’aversion au risque a par contre profité au marché obligataire, où les rendements des dettes souveraines ont fortement baissé. Les prix du pétrole ont, eux, plongé de près de plus de 8 % à New York comme à Londres

Les marchés ont un peu « un sentiment de gueule de bois après les annonces de la Fed » mercredi, qui a prévu de laisser les taux d’intérêt près de zéro jusqu’en 2022, explique Andrea Tuéni, analyste chez Saxo Banque. « A chaque fois qu’on a une réunion où on se contente de confirmer les mesures déjà en place, sans plus, il peut y avoir un sentiment de déception ».

La Fed douche les espoirs des investisseurs

Surtout, les projections économiques présentées par la Banque centrale américaine (Fed) mercredi ont saboté l’espoir d’une reprise rapide de l’économie, « ce qui a pu générer aussi un peu de déception », souligne l’expert. La Fed prévoit notamment une baisse de 6,5 % du Produit intérieur brut cette année avant un fort rebond de 5 % en 2021 et une croissance plus modeste (3,5 %) l’année suivante.

« L’économie ne sortira pas de son trou actuel avant 2022. Les taux d’emploi et d’inflation maximum semblent hors de portée pour les deux ans et demi à venir », indique Vincent Reinhart, stratégiste chez BNY Mellon Investment Management. Selon Andrea Tuéni, la position « ni trop prudente ni trop alarmiste » de la Fed a servi également de « prétexte pour prendre ses bénéfices » après un mouvement haussier intense. La hausse du nombre d’hospitalisations dans plusieurs Etats américains, dont le Texas et la Caroline du Nord, a aussi sa part de responsabilité dans les arbitrages de jeudi.

Un plongeon à nuancer

Toutefois, « la correction du jour est à replacer dans un contexte qui a été extrêmement vertueux depuis plusieurs séances », nuance Andrea Tuéni. La semaine dernière, les indices ont connu un « krach haussier », s’appuyant sur le déconfinement et la reprise de l’activité économique. Malgré son plongeon de jeudi, le Dow Jones est ainsi revenu à son niveau de la fin du mois de mai et continue d’afficher une progression de plus de 35 % par rapport à son plus bas de l’année fin mars.