Bretagne : Le chausseur JB Martin placé en liquidation judiciaire

SOCIAL L’entreprise basée à Fougères (Ille-et-Vilaine) emploie 120 salariés

J.G. avec AFP

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Illustration de la boutique JB Martin à Rennes.
Illustration de la boutique JB Martin à Rennes. — Google Street View

La casse se poursuit dans le secteur de l’habillement. Basé à Fougères (Ille-et-Vilaine), le fabricant et distributeur de chaussures JB Martin, qui compte 120 salariés, a été placé en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Paris, a-t-on appris de source judiciaire, confirmant une information du quotidien régional Ouest-France. L’entreprise a été déclarée en cessation de paiements le 26 mai, précise le tribunal dans son jugement en date de mercredi. Un liquidateur judiciaire a été nommé.

« Abandonnés, on va tous aller pointer », « Direction sans gestion. Nous, on paie l’addition », pouvait-on lire jeudi sur des pancartes accrochées aux fenêtres du site historique de Fougères. Les salariés « ont de l’amertume, un sentiment de gâchis », a expliqué Yannick Desneux, délégué syndical CFDT, en marge d’une réunion du personnel.

Une société touchée par de nombreux plans sociaux

Il a pointé « la grande responsabilité » de l’actionnaire, le financier Francis Lagarde, qui n’a, selon lui, pas cherché de repreneur. « On aurait pu faire autrement, avec la notoriété de JB Martin dans le monde de la chaussure », a estimé le syndicaliste, en soulignant qu’il s’agissait d’une marque « presque centenaire ».

Fondée en 1921 par Jean-Baptiste Martin, la société a été touchée par de nombreux plans sociaux, dont le dernier en 2009, quand 70 personnes travaillant à la production avaient été licenciées, après un mois de conflit social. « Il y a eu jusqu’à 1.200 à 1.400 salariés dans les années 70. Tout était fait sur place », a rappelé Yannick Desneux. « A partir des années 70, la production est partie de plus en plus loin », a-t-il ajouté.

La dernière usine d’un haut lieu de la chaussure

JB Martin était la dernière usine de chaussures de cette commune bretonne, qui fut un haut lieu de cette industrie jusque dans les années 70. « C’est une page qui se tourne pour la chaussure à Fougères », a lâché le syndicaliste. « On était malade avant le Covid, on avait des pertes importantes en 2019 mais le Covid ne nous a pas permis de faire remonter de la trésorerie rapidement ».