Coronavirus : Face à la crise, le gouvernement annonce un plan pour soutenir l’apprentissage

GENERATION SACRIFIEE A cause de la crise sanitaire les embauches d’apprentis sont en chute libre, ce qui fait craindre l’émergence d’une « génération sacrifiée »

20 Minutes avec AFP

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Un apprenti chez les Compagnons du tour de France. (archives)
Un apprenti chez les Compagnons du tour de France. (archives) — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Le gouvernement a dévoilé jeudi des mesures de soutien à l’embauche d’apprentis et apprenties, première pierre d’un plan sur l’emploi des jeunes attendu d’ici la mi-juillet pour éviter une « génération sacrifiée » sur le marché du travail à la rentrée. Alors que le robinet des embauches est fermé et que 700.000 à 800.000 jeunes doivent entrer dans la vie active en septembre, « on ne peut pas avoir une génération sacrifiée, les jeunes ne seront pas la variable d’ajustement de la crise », a plaidé la ministre du Travail Muriel Pénicaud à l’issue de la réunion à l’Elysée avec les partenaires sociaux.

Si le gouvernement se donne jusque la première quinzaine de juillet pour élaborer son plan sur l’emploi des jeunes, il a donné la priorité à l’apprentissage parce que « la décision de prendre un apprenti pour la rentrée prochaine se fait maintenant », comme l’a rappelé le secrétaire général de la CPME Jean-Eudes Dumesnil. Et sans mesures de soutien, les acteurs de l’alternance craignaient une chute de 20 à 40 % des offres proposées par les entreprises à la rentrée.

Aide élargie

Première décision : une aide élargie à l’embauche de 8.000 euros pour les majeurs et majeures et 5.000 euros pour les mineurs et mineures pour les entreprises qui recruteront un apprenti ou une apprentie jusqu’au 28 février. Alors que cette aide, aujourd’hui de 4.125 euros, est actuellement réservée aux entreprises de moins de 250 salariés et salariées et pour des diplômes au niveau inférieur ou égal au bac, le dispositif sera élargi jusqu’au niveau de la licence professionnelle et à toutes les entreprises, ce qui représentera « un coût supplémentaire supérieur à un milliard d’euros », selon l’entourage de la ministre.

Les entreprises de plus de 250 salariés et salariées devront cependant avoir plus de 5 % d’alternants ou alternantes dans leurs effectifs en 2021. La première année d’apprentissage aura donc un « coût quasi nul » pour une entreprise qui recrutera un apprenti ou une apprentie jusqu’à 21 ans, selon Muriel Pénicaud. Entre 21 et 25 ans, cela représentera un reste à charge d’environ 175 euros par mois. Pour laisser davantage de temps aux jeunes pour trouver une entreprise avec la crise, ceux-ci pourront rester jusque six mois en CFA (Centre de formation des apprentis) sans contrat, soit jusque fin février, au lieu des trois mois actuels.

Medef et syndicats plutôt d'accord

L’objectif est, en dépit de la crise, de maintenir le même niveau de contrats d’apprentissage qu’en 2019 où 368.000 avaient été signés, soit un bond record de 16 %. Si cette hausse restait tirée par l’enseignement supérieur, l’apprentissage avait enfin redémarré, après une décennie difficile, dans le secondaire, du CAP au Bac Pro, signe d’un changement d’image auprès des jeunes et de leurs familles.

Les annonces de l’exécutif vont dans le sens des revendications des organisations patronales, le Medef ayant réclamé une aide de 10.000 euros par apprenti ou apprentie. Mais les syndicats y étaient également plutôt favorables. « Il y avait un large consensus pour dire qu’il faut tout faire pour booster l’apprentissage », a soutenu Laurent Berger (CFDT) même si Philippe Martinez (CGT) a déploré que « ce soit encore des aides aux entreprises ».