Immobilier : Les taux des crédits augmentent fortement en mai

BANQUE Les banques anticipent une crise économique inédite depuis la Seconde Guerre mondiale

20 Minutes avec AFP

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Devant une publicité pour un crédit immobilier.
Devant une publicité pour un crédit immobilier. — LIONEL BONAVENTURE / AFP

Le taux moyen des crédits immobiliers a fortement augmenté en France en mai, les banques durcissant leurs conditions face à la crise économique du coronavirus, montre mercredi l’étude mensuelle de référence. Le mois dernier, les taux des crédits immobiliers accordés par le secteur concurrentiel se sont en moyenne établis à 1,25 %, détaille dans un communiqué l’observatoire Crédit Logement/CSA, qui associe les principales banques françaises à un institut d’études de marché.

C’est une franche hausse par rapport à mai (1,18 %) et, plus largement, après des mois d’évolution à un plancher historique, touché en fin d’année dernière à 1,12 %. Le bond est une « réponse à la montée des risques et de l’incertitude sur les évolutions macroéconomiques et financières à venir », souligne l’observatoire dans un communiqué. Autrement dit, les banques prennent moins de risques au moment où s’installe une crise économique probablement historique, le gouvernement tablant désormais sur une récession de 11 % cette année.

Inquiétude pour les ménages modestes

Plusieurs courtiers en crédit, ainsi que les notaires, se sont déjà inquiétés ces dernières semaines de voir l’attitude des banques se durcir. Ils y voient un risque pour l’activité du marché immobilier et les capacités d’achat des ménages les moins fortunés, d’autant que les prix n’interrompent pas leur hausse. Certes, « la remontée des taux de crédits et la poursuite des hausses des prix des logements ont (…) été partiellement compensées par l’allongement des durées », note l’observatoire.

La durée moyenne des prêts immobiliers s’est établie à 230 mois en mai, soit un peu plus de 19 ans, et continue à s’inscrire à des niveaux historiques. L’ensemble de ces chiffres doit être relativisé par le fait qu’ils proviennent d’un niveau d’activité très réduit à la suite de la crise et des mesures de confinement décrétées face au coronavirus. Même si le confinement a été levé le 11 mai, le nombre de nouveaux prêts immobiliers a chuté de quelque 40 % sur tout le mois par rapport à un an plus tôt.