Coronavirus : Les impayés augmentent avec la crise sanitaire

ARGENT Après l’inquiétude pour leur santé, c’est la crainte de tomber dans le rouge qui préoccupe les Français. Bon nombre de propriétaires et de locataires se retrouvent dans l’incapacité de régler leurs dettes

JP pour 20 Minutes

— 

Vous devez absolument continuer à payer votre loyer, même en cas de manquements de la part de votre bailleur.
Vous devez absolument continuer à payer votre loyer, même en cas de manquements de la part de votre bailleur. — IStock / City Presse

Si les effets dévastateurs de la pandémie de coronavirus sur l’ économie nationale ne peuvent pas encore être chiffrés au global, les répercussions sont déjà palpables dans de nombreux secteurs particulièrement impactés. Ainsi, locataires et propriétaires en souffrent déjà.

Le secteur donne l’alerte

La ligne téléphonique « SOS Loyers Impayés », mise en place par l’Agence nationale pour l’information sur le logement (Anil) et disponible au 0805 16 00 75, a vu le nombre d’appels doubler entre janvier et avril. D’autant que sur les 4.000 coups de fil recensés ce mois-là, 63 % concernaient les difficultés financières des locataires. La Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) s’inquiète quant à elle de l’augmentation des retards de paiement, tandis que l’Union sociale pour l’habitat, qui regroupe tous les organismes HLM, chiffre les impayés de loyers à 4,8 % en avril, contre 4 % en temps normal.

Les sondages des acteurs du secteur sont tout aussi inquiétants. Fin avril, une enquête réalisée par le site spécialisé SeLoger.com en partenariat avec l’Observatoire du moral immobilier a ainsi révélé que 18 % des locataires craignent de ne pas pouvoir s’acquitter de leur loyer, tandis que 34 % des bailleurs redoutent une hausse des impayés. Même constat dans une étude de Meelo, une entreprise spécialisée dans l’intelligence artificielle, publiée fin mai : 24,3 % des locataires affirment que le paiement des loyers va bientôt être difficile et 5,9 % ne peuvent déjà plus les régler. Quant aux propriétaires qui ont un emprunt immobilier sur le dos, 26,4 % honorent leurs remboursements mais estiment que l’avenir sera plus compliqué, tandis que 17 % ne peuvent plus assumer leurs mensualités.

Quel filet de securité ?

À défaut de fonds d’urgence créé pour pallier les effets de la crise sanitaire, les particuliers doivent s’en remettre aux dispositifs d’aides classiques. Côté locataire, il faut essayer de négocier un échelonnement des loyers avec son propriétaire dès les premières difficultés, plutôt que de laisser s’accumuler les dettes. À défaut d’accord, il est possible de saisir la Commission départementale de conciliation, voire le tribunal judiciaire (ancien tribunal d’instance) pour obtenir des délais.
Pour limiter le risque d’impayés, les propriétaires peuvent imposer la présence d’une caution ou opter pour la garantie Visale, un dispositif public gratuit couvrant les loyers non acquittés sous certaines conditions. Autre option : environ 15 % des bailleurs ont recours à une assurance privée payante baptisée « garantie des loyers impayés » (GLI).

Outre les offres des grands groupes d’assureurs du type Maif, Allianz, April ou Insor, des plateformes digitales se sont aussi lancées sur ce marché à l’instar de Wizi.io, une start-up s’occupant des locations depuis l’annonce jusqu’à la gestion du bien, qui propose de couvrir jusqu’à 50.000 euros de loyers impayés. Pour sa part, Garantme.fr rembourse les bailleurs jusqu’à 36.000 euros, sachant que c’est le locataire qui règle, dès la signature du bail, une caution s’élevant à 3,5 % du montant du loyer, charges comprises.