Renault va supprimer 15.000 emplois dans le monde mais « sans licenciement sec »

AUTOMOBILE Ce projet de réduction des effectifs entre dans le cadre d’un plan d’économies de 2 milliards d’euros sur trois ans

Floréal Hernandez

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Des salariés à la Fonderie de Bretagne, usine du groupe Renault à Caudan dans le Morbihan, le 26 mai 2020. Avec trois autres usines Renault en France, l'usine est menacée de fermeture.
Des salariés à la Fonderie de Bretagne, usine du groupe Renault à Caudan dans le Morbihan, le 26 mai 2020. Avec trois autres usines Renault en France, l'usine est menacée de fermeture. — Maxime Le Pihif/SIPA

Pas de « licenciement sec » chez Renault pour supprimer 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France. Et ce, dans le cadre d’un plan d’économies de 2 milliards d’euros sur trois ans. Le constructeur automobile va réussir ce tour de force via des départs volontaires, des départs à la retraite non remplacés et des mesures de mobilité interne ou de reconversion, a appris l’AFP., a-t-on appris jeudi soir de sources concordantes.

Le projet de Renault, qui doit être rendu public vendredi matin, a été présenté jeudi soir aux organisations syndicales, lors d’un comité central social et économique (CCSE) du groupe.

Un plan d’économie réparti en trois tiers

Les capacités de production du groupe au niveau mondial devraient être réduites, passant de 4 millions de véhicules actuellement à quelque 3,3 millions, sur une base de deux équipes (ce qui correspond à une production réelle potentielle plus élevée en ajoutant une troisième équipe).

En France, une procédure d'« information-consultation » des représentants du personnel commencera « à partir de la mi-juin », selon une source syndicale.

Un conseil d’administration du groupe a été convoqué jeudi soir. De sources concordantes, le plan d’économies de 2 milliards d’euros est réparti pour environ « un tiers sur la production, un tiers sur l’ingénierie et un tiers sur les frais de structure, marketing et réseau ».

Une réflexion « pour imaginer un projet de reconversion à Dieppe »

Concernant les sites de production dans l’Hexagone, l’activité de l’usine de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), qui emploie 260 personnes dans la réparation de moteurs et boîtes de vitesses utilisés comme pièces de réemploi, doit être transférée vers l’usine de Flins (Yvelines), à une soixantaine de kilomètres de là. A Flins, la production automobile cessera après la fin de la Zoe d’ici quelques années.

La direction a déclaré devant le CCSE qu’il y aurait « une réflexion en vue de la création à Flins d’un écosystème sur l’économie circulaire qui intégrerait Choisy-le-Roi », a déclaré une source syndicale. Le projet prévoit « une revue stratégique du système de fonderie-fonte en France », qui concerne l’avenir de la Fonderie de Bretagne à Caudan (Morbihan), a indiqué cette source. Le site emploie près de 400 salariés.

Le plan annonce aussi une réflexion « pour imaginer un projet de reconversion à Dieppe à la fin de la production de l’Alpine 110 », a ajouté cette source.