Sept offres de reprise partielle pour La Halle, Vivarte va demander le placement en redressement judiciaire pour l'enseigne

SOCIAL Des syndicats ont pris la parole à la suite de ces annonces : ils « s’attendaient à mieux que ça » et craignent une « catastrophe sociale »

20 Minutes avec AFP
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Un magasin La Halle.
Un magasin La Halle. — ERIC PIERMONT / AFP

Le groupe Vivarte a reçu sept offres de reprise partielle pour son enseigne en difficulté de chaussures et de vêtements La Halle. Le groupe va demander un placement en redressement judiciaire la semaine prochaine, a-t-il annoncé ce mardi.

« Nous avons reçu sept offres, émanant pour la plupart de concurrents, qui reprendraient à ce stade 3.195 personnes sur 5.391, donc 60 % », a affirmé mardi Patrick Puy, PDG du groupe Vivarte qui est propriétaire de l’enseigne, lors d’une conférence de presse téléphonique. Les repreneurs potentiels avaient jusqu’à lundi soir pour manifester leur intérêt pour une enseigne qui a réalisé un chiffre d’affaires annuel de 847 millions d’euros lors de son dernier exercice, clos fin août 2019.

Des offres « à améliorer »

La combinaison de ces offres, qui constitue une « fourchette haute » selon le syndicat FO, permettrait également la reprise de 502 magasins sur un total de 830. Par conséquent, « 2.196 personnes, à ce jour, ne seraient pas reprises », a précisé Patrick Puy.

Dès la semaine prochaine, La Halle va demander son placement en redressement judiciaire au tribunal de commerce de Paris. Puis dans les dix jours suivants, « nous allons travailler à améliorer ces offres », et notamment augmenter le nombre de salariés repris, a ajouté le dirigeant. Enfin, avant la fin du mois de juin, « nous demanderons au tribunal d’entériner ces cessions d’une part, et d’autre part le plan social pour les personnes qui ne seraient pas reprises », a précisé Patrick Puy.

Depuis l’arrivée de ce spécialiste des restructurations à la tête de Vivarte en juillet 2017, plusieurs enseignes (Chevignon, Cosmoparis, André, Kookaï, Naf Naf, Besson) ont été cédées, faisant craindre aux syndicats son prochain « démantèlement ».

Le risque d’une « catastrophe sociale »

Parmi les offres de reprise partielle de La Halle, la plus importante provient du groupe Beaumanoir, propriétaire notamment de Morgan. Il « se propose de reprendre la quasi-totalité de l’activité mode de La Halle, soit la moitié du parc total (l’autre moitié étant des magasins destinés à la chaussure) et 2.500 emplois ». S’y ajouteraient une centaine de personnes du siège social.

Cette offre, qualifiée de « seule sérieuse » par Karim Cheboub, coordinateur CGT de Vivarte, ne reprendrait cependant que « moins de la moitié du personnel ». « On s’attendait à mieux que ça. Il semble que la crise du Covid-19 ait dissuadé les investisseurs potentiels », a-t-il affirmé à l’AFP, évoquant une « catastrophe sociale ». D’autres offres émanent d’enseignes spécialisées dans la chaussure, telles Chaussea ou Besson, a précisé Patrick Puy. Il a également évoqué l’enseigne Gémo et des groupes de « distribution alimentaire ».

Pour Claire Vigouroux de FO, « ce sont des annonces violentes », d’autant qu’aucune offre ne prévoit de reprendre les deux centres logistiques de l’enseigne qui emploient plus de 500 personnes dans l’Indre. « Il faut absolument que les actionnaires actuels, qui se sont gavés quand il y avait de la trésorerie, mettent la main à la poche pour accompagner les milliers de salariés et leurs familles qui seront sur le carreau. » Un espoir qu’a déjà balayé Puy : « le PSE ne sera pas très généreux car nous n’avons pas les moyens de l’être ».