Coronavirus : Le déconfinement pèsera aussi sur la croissance française

PREVISIONS La période de déconfinement pourrait coûter au moins trois points de PIB supplémentaires à la France en 2020

20 Minutes avec AFP

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Ministère de l'économie à Paris (Archives)
Ministère de l'économie à Paris (Archives) — IBO/SIPA

L’activité reprend peu à peu en France, mais le déconfinement pèsera tout de même sur la croissance du pays, à en croire la Banque de France (BdF). Celle-ci s’attend à ce que de lourdes pertes viennent s’ajouter, pendant la période de déconfinement, à celles accumulées pendant le confinement entamé mi-mars.

Le gouverneur de la BdF, François Villeroy de Galhau, a estimé lundi à au moins trois points la perte attendue pour le Produit intérieur brut (PIB) pendant la période de déconfinement qui a débuté le 11 mai.

Le confinement a coûté six points de PIB

« Nous savons déjà que l’acte I (le confinement général) a coûté à l’économie française près de six points de PIB annuel, et que l’acte II pourrait coûter en supplément au moins la moitié », a-t-il affirmé lors d’un discours devant la Société d’économie politique à Paris.

« A plus long terme, il est difficile de mesurer le temps du retour à la normale ou au "new normal" et l’on peut craindre certaines pertes durables de croissance potentielle », a-t-il ajouté, soulignant que la BdF ne donnerait ses premières prévisions de croissance pour 2020 et 2021 que le 9 juin.

Le gouvernement table à ce stade sur une chute du PIB de 8 % cette année. Une semaine après le déconfinement, le ministre des Finances, Bruno Le Maire, avait estimé que l’économie avait redémarré « doucement ».

Une lente reprise

Au premier trimestre, l’activité économique française a subi une contraction historique de -5,8 %, selon une première estimation publiée fin avril par l’Institut national de la statistique (Insee).

Et loin du rebond en fanfare du PIB envisagé au début de la crise, la reprise sera lente et « progressive », a d’ores et déjà prévenu l’Insee, même s’il a noté un redémarrage dans l’industrie et le bâtiment dès fin avril.

Selon la BdF, l’activité économique du pays a plongé de 27 % au mois d’avril, à peine mieux que la chute de la deuxième quinzaine de mars (-32 %). Pour le mois de mai, François Villeroy de Galhau avait anticipé il y a deux semaines une chute plus modérée, aux alentours de -17 %.