Coronavirus : Le chômage partiel demandé utilisé en réalité à 70 %, selon une étude de la Dares

EMPLOI L’étude de la Dares montre aussi que les réductions d’effectifs « sont restées limitées en avril »

20 Minutes avec AFP

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Illustration du chômage partiel engendré par la crise du coronavirus.
Illustration du chômage partiel engendré par la crise du coronavirus. — ALLILI MOURAD

Une estimation vertigineuse de 832 millions d’heures chômées. Ou bien 97 heures. Ou encore 2,8 semaines à 35 heures, en moyenne, par salarié. Environ 8,6 millions de salariés français auraient été effectivement placés en chômage partiel en avril sur des demandes d’autorisation faites pour 11,8 millions, soit un peu plus de 70 %, selon une estimation délivrée ce mercredi par la Dares, le service statistique du ministère du Travail.

Pour recourir à l’activité partielle face à la crise du coronavirus, les entreprises doivent d’abord déposer une demande d’autorisation préalable auprès de l’administration. Elles font généralement des demandes très larges mais n’utilisent pas forcément tout. Seules les demandes d’indemnisation déposées ensuite, pour obtenir le remboursement des salaires versés, permettent de déterminer le nombre de salariés effectivement placés en activité partielle.

Plusieurs sources d’information

Au 18 mai, soit une semaine après le lancement du déconfinement, les demandes d’indemnisation constatées pour avril concernent 4,5 millions de salariés, mais toutes les demandes n’ont pas encore été déposées, les entreprises disposant d’un délai d’un an.

Afin d’estimer le nombre de salariés effectivement placés en activité partielle, la Dares a eu recours à deux sources d’information complémentaires. D’une part, une enquête « qui permet d’estimer le non-recours effectif à l’activité partielle pour les entreprises qui avaient pourtant déposé une demande d’autorisation ». D’autre part, « une consultation spécifique réalisée auprès de 1.000 déclarants qui n’ont pas encore réalisé de demande d’indemnisation pour avril ».

Les réductions d’effectifs « limitées »

Le cumul des demandes d’autorisation de chômage partiel depuis le 1er mars concerne 12,7 millions de salariés au 18 mai, avec une faible progression ces dernières semaines. L’étude de la Dares montre aussi que les réductions d’effectifs « sont restées limitées en avril ». « Les entreprises ayant réduit leurs effectifs représentent 13 % des salariés fin avril (après 11 % fin mars) ».

Ces réductions d’effectifs passent surtout par le non-renouvellement de CDD et l’annulation ou le report d’embauches prévues, « le licenciement demeurant marginal bien qu’en légère progression ». Du 1er mars au 17 mai, seuls 53 plans de sauvegarde de l’emploi (pour 2.853 suppressions de postes) ont été lancés, contre 111 l’année dernière (pour 8.194 suppressions d’emploi) à la même époque.

Du mieux pour la construction

Par ailleurs, 832 « petits licenciements collectifs » (moins de 10 salariés) ont été entrepris. Alors qu’en mars, 19 % des salariés étaient dans une entreprise dont l’activité s’était arrêtée, « ils ne sont plus que 12 % en avril », selon la Dares, qui note « une amélioration particulièrement nette dans la construction » (16 % à l’arrêt après 53 % en mars).

Les causes de la chute d’activité en avril sont avant tout la perte de débouchés (45 %) ou les fermetures administratives (30 %), loin devant le manque de personnel pouvant travailler (14 %) et les difficultés d’approvisionnement (11 %).