Bretagne : Outrage ou génie ? Le pastis breton se boit en cubi de 3 L

ANISETTE L’entrepreneur breton a fait un joli coup marketing avec son pastis breton né l’an dernier à Dinan

Camille Allain

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Laurent Jouffe et son neveu Julien Saillard-Jouffe ont inventé un cubi de trois litres pour vendre leur pastis breton.
Laurent Jouffe et son neveu Julien Saillard-Jouffe ont inventé un cubi de trois litres pour vendre leur pastis breton. — La Maison Jouffe
  • L’inventeur du pastis breton a eu l’idée de proposer son alcool dans un cubi de 3 L.
  • Laurent Jouffe espère ainsi faire revenir les clients chez les cavistes, qui pourront remplir leur bouteille. Un geste écologique qui permet de payer le produit moins cher.
  • L’an dernier, son « Brastis » avait fait un carton. Au total, 35.000 bouteilles de l’anisette de l’Ouest se sont vendues.

Trois litres de pastis breton. L’idée de Laurent Jouffe de mettre du pastis en cubi peut paraître étrange, voire prêter à sourire. « Et on en a bien besoin en ce moment ». Mais l’entrepreneur de Dinan (Côtes d’Armor) est très sérieux. Alors que La Maison Jouffe, sa petite entreprise de vente d’alcool, subissait la crise sanitaire du coronavirus, Laurent Jouffe a eu l’idée de lancer un nouveau produit. Surfant sur le succès de son pastis breton lancé l’an dernier, le Breton a « inventé » un nouveau concept : le pastis en cubi.

Lui préfère parler de « bib », le terme anglais qui veut dire « bag in a box ». « Je trouve ça plus joli », assure l’entrepreneur. « On en a commandé 5.000 pour l’instant, mais on ne sait pas du tout si ça va marcher. On veut voir ce que ça donne. On compte sur la bonne fée qui nous guide depuis la naissance du Brastis ». Cette « bonne fée » était surtout un très bon coup marketing. L’an dernier, Laurent Jouffe avait eu l’idée de mettre au point un pastis breton, le Brastis, contraction des mots Breizh et du célèbre alcool anisé. L’idée a piqué l’ego des gens du sud et a conquis les rayons des cavistes.

« Tout le monde en rigole »

Sous la pression de la grande distribution, Laurent Jouffe avait même mis au point un second pastis « Le Vieux Briscard », proposé à un plus petit prix dans les rayons des supermarchés de Bretagne. « C’est devenu une idée cadeau. J’ai des copains de Marseille, supporteurs de l’OM, qui en achètent à chaque fois qu’ils redescendent dans le Sud. C’est un produit qui a un côté sympa, tout le monde en rigole », glisse le Costarmoricain.

S’il avait bien reçu quelques mails assassins au lancement de son produit, Laurent Jouffe avait surtout fait un joli coup de pub. Plus de 200 médias ont évoqué sa boisson, contribuant largement au décollage des ventes. En un an, 35.000 bouteilles de ses deux élixirs ont été écoulées, notamment grâce à au design bien pensé des bouteilles de verre. « Quand on s’était lancés, on pensait en faire 500 ou 1.000 ».

Sa société, qui vendait alors du cognac, du rhum et du calvados, réalise désormais un tiers de son chiffre d’affaires grâce à son anisette. Mais alors pourquoi se risquer à le proposer son produit dans un cubi de plastique ? « Je voulais nous sortir de cette ambiance angoissée et proposer quelque chose de convivial qui ramène les gens chez les cavistes ». Proposé au format de 3 L à environ 80 €, son « bib » permet aux clients de venir remplir leur bouteille vide pour un tarif bien avantageux. « Il y a un aspect écologique car le produit est moins lourd et moins volumineux. Même s’il y a du plastique, le bilan carbone est bien plus favorable. C’est un produit qui peut faire sourire, mais c’est du sérieux », promet le patron.