Déconfinement : Des bouquins, un robot-cuisine ou un maillot de bain… Nos lecteurs racontent leurs premiers achats « plaisir »

CONSOMMATION Après huit semaines, les magasins jugés non essentiels ont enfin pu rouvrir leurs portes

Romarik Le Dourneuf

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Avec la réouverture des magasins, certains lecteurs ont pu rafraîchir leur garde-robe (illustration)
Avec la réouverture des magasins, certains lecteurs ont pu rafraîchir leur garde-robe (illustration) — Romuald Meigneux
  • Les commerces non-essentiels ont pu rouvrir leurs portes le 11 mai, après près de deux mois de fermeture liée au confinement.
  • 20 Minutes a interrogé ses lecteurs pour savoir quel a été (ou sera) leur premier achat « plaisir » post-confinement.
  • Des livres aux plantes, en passant par les vêtements et la cuisine, il y en a pour tous les goûts.

Il y avait l’envie d’aller revoir les proches. De s’offrir une balade dans la nature, de faire un tennis. Ou de s’offrir un petit quelque chose. La sortie de confinement des commerces non-alimentaires depuis le 11 mai a en effet été l’occasion, pour de nombreux Français, de recommencer le lèche-vitrines.

Si une tendance à la modération de ce côté-là apparaît parmi les lecteurs qui ont répondu à notre appel à témoignages, elle ne signifie pas pour autant l’arrêt de la consommation20 Minutes leur a donc demandé quel a été (ou sera) leur premier achat « plaisir » du  déconfinement .

La lecture fait de la résistance

« Dès le premier jour de liberté, je suis retourné en courant chez mon libraire », raconte Louis. Dans les premiers jours du confinement, les conseils de lecture s’étaient multipliés dans les médias et sur les réseaux sociaux. Et pourraient bien avoir relancé l’attrait du livre chez de nombreuses personnes qui ne trouvaient plus le temps ou l’intérêt. Anne-France confie son plaisir de retourner dans sa librairie préférée à Vannes : « Je suis allée au Silence de la mer pour y acheter un livre sur l’autosuffisance. Reste à le potasser et à mettre quelques idées en application. »

Emilie a également choisi comme première sortie sa librairie : « J’ai acheté des livres pour mon fils. Il était tellement content d’en avoir de nouveaux à découvrir. Il y avait bien les livraisons, mais quel plaisir de pouvoir fouiller, regarder et choisir ! » Certains lecteurs ont été plus précis dans leurs choix. Si Adrien a jeté son dévolu sur Lolita, de Vladimir Nabokov, Anne-Catherine a choisi Tibet, promesse de l’invisible et Tibet, minéral animal, de Vincent Munier. Deux livres sur lesquelles elle lorgnait « depuis longtemps sans oser les acheter à cause du prix ». Mais le confinement lui a fait comprendre que la vie est selon elle trop courte pour s’en priver.

Des achats tournés vers l’intérieur

Le confinement a aussi été l’occasion de s’occuper de son « chez-soi ». Sans doute pour retrouver un peu de fraîcheur après des semaines d’enfermement, les plantes et les fleurs sont ciblées. Si Sandrine a craqué pour un bouquet de pivoine, et Odette pour des géraniums, Yasmine a vu les choses en grand pour décorer sa terrasse : « J’ai acheté un petit palmier, un arbuste et diverses petites fleurs pour les mettre dans deux gros pots. »

Jérémy aussi pense à son jardin et à l’arrivée des beaux jours : « Nous avons décidé de faire plaisir aux enfants en achetant un spa gonflable. » On ne sait pas s’il a fait de la place pour un coin piscine, mais Philippe, lui, a profité de ces deux mois pour se lancer dans le rangement de son garage, et ne compte pas s’arrêter là : « Mon premier achat, ce sera des étagères pour tout organiser. » Au rayon bricolage, il retrouvera peut-être Morgane, qui a sauté dans sa voiture dès le 11 mai « pour enfin commander une cuisine, car [elle] doit déménager dans un mois dans sa nouvelle maison ». Joseph explique devoir renouveler un peu d’électroménager : « Mon réfrigérateur m’a lâché pendant le confinement, vraiment pas le bon moment… »

« La cuisine est mon nouveau dada »

Autre « temps fort » du confinement pour beaucoup, la cuisine. Certains ont décidé d’approfondir le sujet et de s’équiper pour devenir de vrais chefs. C’est le cas de Melissa : « Ayant suivi assidûment Cyril Lignac tous les soirs, la cuisine est mon nouveau dada et en faisant mes courses, je suis tombée sur le robot de chez Lidl et j’ai craqué. Les premières tournées de cookies sont déjà prêtes. » Elle pourra partager ses recettes avec Corinne, qui s’est offert « un robot pâtissier pour s’occuper et se faire plaisir ».

Se mettre aux fourneaux en période de confinement, c’était aussi prendre le risque d’avoir quelques kilos en plus sur balance. Ce qui est arrivé à Florence, qui a voulu réagir : « Je n’ai pas eu du tout d’activité physique et je n’aime pas la course à pied. Alors je me suis offert un stepper pour mon anniversaire. » Ce n’est pas le seul cadeau qu’elle s’est accordé. En télétravail depuis le 13 mars, elle craint un reconfinement : « J’ai donc acheté une nouvelle imprimante en prévision, c’était prévu et budgétisé, mais j’ai un peu avancé la date d’achat. » Les mêmes raisons ont poussé Claudine à sortir « pour commander un ordinateur ».

Les plaisirs du palais

On en revient – encore – à la notion de repas. Car si les commerces alimentaires étaient ouverts depuis la mi-mars, certains n’ont pas osé se rendre dans des lieux jugés trop lointains ou non-prioritaires. Et se sont rattrapés depuis le 11 mai. « Par peur et par civisme, je n’ai pas voulu parcourir plusieurs magasins. Mais je vais acheter des côtelettes d’agneau pour les faire en marinade et au four », annonçait Cécile en fin de semaine dernière. Martin devait suivre son exemple : « Je rêve d’une bonne côte de bœuf maturée chez un vrai boucher. » Et Serge de s’offrir « deux kebabs pour fêter le déconfinement ».

Les restaurants, bars et cafés, eux, ne peuvent pas encore rouvrir leurs portes. Mais cela n’empêche pas nos lecteurs de saliver à l’idée d’y retourner. « J’attends mon Perrier ou mon café en terrasse », confie Quentin*. Luc attend aussi de pouvoir s’attabler pour déguster « une entrecôte saignante et des frites ». Si Hannah ne précise pas sa commande, elle trépigne également : « J’ai hâte d’aller au restaurant, pour le partage, retrouver mes amis, la convivialité… » De même, Florence* garde ses premières dépenses pour retrouver les terrasses : « J’irai au restaurant et dans un bar de mon quartier pour les aider à s’en sortir. »

« M’offrir cette robe qui me faisait de l’œil »

Mais pas question que cette sortie au resto (ou le retour au travail) se fasse sans un effort vestimentaire. Alors Emilie a réservé un peu de son budget pour se vêtir : « Je suis allée dans une friperie pour acheter une chemise. » Marine a porté son choix sur une robe : « Je préférais donner mon argent à un petit commerce et surtout, elle me faisait de l’œil depuis deux mois. » Anaïs, qui a profité du confinement pour faire du sport et manger sain, tient à se récompenser de sa perte de poids : « Pour la première fois de ma vie, je suis passée en dessous de la barre fatidique du surpoids. Alors même si on ne pourra peut-être pas aller bronzer sur les plages, je vais enfin m’offrir ce maillot qui me fait envie depuis des années. »

Pour retrouver le plaisir de se préparer pour sortir, nos lectrices et lecteurs ont opté pour d’autres parures. « Je vais m’offrir des bijoux » ; annonce Chloé. Quant à Isabelle, son premier achat plaisir ira aux fragrances : « J’aurais pu le commander sur Internet, mais je tenais à respecter le confinement. Maintenant, je peux m’acheter mon parfum, qui fait partie de mon identité. »