Coronavirus : Pour surmonter la crise, Airbus pourrait restructurer et supprimer de nombreux postes

SOCIAL Selon le quotidien « The Telegraph », l’avionneur européen envisagerait de supprimer près de 10.000 emplois. La direction ne donne pas de chiffre mais indique qu’elle prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer l’avenir d’Airbus

Béatrice Colin
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Le logo d'Airbus group (Illustration).
Le logo d'Airbus group (Illustration). — Michel Euler/AP/SIPA
  • Le secteur aérien traverse une crise sans précédent qui cloue la majorité des avions au sol.
  • Dans ce contexte, Airbus est touché de plein fouet. Après avoir réduit sa production et avoir eu recours au chômage partiel, l’avionneur européen s’apprêterait à supprimer 10.000 postes, selon The Telegraph.
  • La direction ne confirme pas mais indique qu’elle prendra « toutes les mesures nécessaires pour assurer l’avenir d’Airbus ».

Les turbulences s’accentuent dans le cockpit d'Airbus. La crise sanitaire du coronavirus s’est transformée en un véritable crash du secteur aérien ces dernières semaines. Et l’avionneur européen en fait les frais, les compagnies aériennes n'ayant pas la trésorerie nécessaire pour continuer à prendre livraison de leurs avions. Le mois dernier, seuls 14 appareils ont été livrés contre 74 à la même période l’année précédente.

Des difficultés tellement importantes qu’après avoir eu recours au chômage partiel, Airbus envisagerait la suppression de nombreux postes. Selon le quotidien britannique The Telegraph, citant des sources anonymes, ce chiffre serait de 10.000 emplois et pourrait atteindre jusqu’à 10 % de ses effectifs qui avoisinent les 135.000 salariés dans le monde. Un plan de restructuration et d’économies similaire à « Power 8 », mis en place en 2007 en raison des problèmes d’industrialisation de l'A380, qui avait conduit à la suppression de 5.000 postes chez Airbus et 5.000 chez ses sous-traitants.

« Toutes les mesures nécessaires »

Un chiffre que la direction de l’avionneur se refuse en tout cas à confirmer, tenue à en informer en premier lieu les syndicats. « Au cours des dernières semaines, Airbus a mis en place un certain nombre de mesures financières, opérationnelles et sociales afin de s’adapter aux graves impacts sanitaires et économiques de la crise du Covid-19. L’entreprise continuera à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer l’avenir d’Airbus en coopération avec ses partenaires sociaux », a indiqué un porte-parole du groupe sollicité par 20 Minutes.

Avec 481 millions de pertes au premier trimestre, l’avionneur traverse un gros trou d’air, avait reconnu son patron le 30 avril dernier au micro de RTL. « Nous avons perdu un tiers de notre activité industrielle en quelques semaines », avait expliqué Guillaume Faury sur l'antenne de la radio, prévenant qu’il s’attendait à « un ou deux ans d’activités très, très réduites ».

Interrogé sur de possibles procédures de licenciements, il avait répondu : « On n’en est pas là. » Quinze jours plus tard, la situation ne s’est guère améliorée. Boeing a déjà annoncé la réduction de près de 10 % de ses effectifs. Et des sous-traitants d’Airbus prépareraient aussi déjà des plans de restructurations. Ce serait le cas chez Derichebourg Aeronautics qui emploie près de 1.600 personnes en France. Si son accord de performance collective (APC) n’est pas conclu, près de 700 postes pourraient être concernés par un plan de sauvegarde de l’emploi selon La Tribune.