Déconfinement sur la Côte d’Azur : Dans le rouge, les hôtels toujours fermés se cherchent une sortie de crise pour l’été

COVID-19 Le maire de Cannes, dont l’économie est sinistrée, doit participer ce jeudi au comité interministériel du tourisme

Fabien Binacchi

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Le 12 mai 2020, devant l'hôtel Carlton à Cannes
Le 12 mai 2020, devant l'hôtel Carlton à Cannes — Daniel Cole/AP/SIPA
  • Les hôtels de la Côte d’Azur, fermés depuis le confinement, ne rouvriront pas avant le début du mois de juin.
  • « Certains ne se relèveront pas » de cette crise, s’alarment des professionnels qui tentent de s’organiser pour limiter la casse cet été.

Le mois de mai aurait dû être, comme d’habitude, celui de tous les superlatifs pour l’hôtellerie cannoise. Des suites qui se négocient à plus de 40.000 euros la nuit sur la Croisette et des taux de remplissage qui crèvent le plafond.

Mais l’épidémie de Covid-19 et l’annulation du Festival de Cannes (196 millions d’euros de retombées économiques en temps normal) sont passées par là. Résultat : la ville, qui a eu à subir la suppression en cascade de tous ces rendez-vous internationaux, est l’une des plus sinistrées de France côté tourisme.

« Tout doit rouvrir en même temps » avec les restos et les plages

C’est à ce titre que le maire de Cannes participera ce jeudi matin au comité interministériel qui doit dévoiler les contours d’un « plan Marshall » à près d’1,5 milliard d’euros pour faire face à la crise. Il va notamment y réclamer un « élargissement du dispositif des chèques vacances » et demander la création « d’une offre 'Made In France' à destination spécifique des comités d’établissements » (SNCF, EDF, etc.) pour relancer la filière. Mercredi soir, David Lisnard (LR) avait lui-même réuni les professionnels locaux de la filière en visioconférence pour « préparer le plan de relance pour cet été ».

Car, il y a urgence. La situation est au rouge écarlate. « Nous n’avons que trois hôtels qui étaient restés ouverts durant le confinement pour les soignants. Ce sont des petites structures d’une vingtaine de chambres. Aucune autre réouverture n’est prévue avant la prise de parole du gouvernement le 2 juin clarifiant la date de réouverture des restaurants et des plages, avance Christine Welter, la présidente du syndicat hôtelier de Cannes. Nous sommes dans un écosystème global où tout doit rouvrir en même temps. »

« Certains ne s’en relèveront pas »

99,5 % des hôtels de la Côte d’Azur sont fermés « et on sait pertinemment que certains ne s’en relèveront pas », s’alarme son homologue niçois Denis Cippolini. Sur l’ensemble des Alpes-Maritimes, seule une poignée d’établissements dont les cuisines peuvent faire de la vente à emporter ont pu rester ouverts. Tous les autres sont en hibernation.

« L’hôtellerie-restauration représente 40 % des mises en chômage partiel dans notre département. Ce secteur, c’est 18 % du PIB à Nice. On est face à une vraie catastrophe », alerte encore le président de la fédération Hôtellerie et tourisme UMIH Nice Côte d’Azur.

« Les étrangers ne viendront pas cet été »

Et les perspectives d’une éventuelle reprise pour les mois, en temps normal, les meilleurs de l’année, ne sont pas vraiment bonnes. « Sur les réservations qui étaient déjà effectuées avant la crise, nous avons eu une avalanche d’annulations, raconte Denis Cippolini. Et pour le reste, les gens attendent d’en savoir plus sur l’évolution de l’épidémie et les décisions qui vont être prises. De toute façon, on sait déjà que les étrangers, qui représentent 65 % de la clientèle chez nous, ne viendront pas ou très peu. »

Pour le mois de juin, si la réouverture a bien lieu, les hôteliers azuréens tablent sur un taux de remplissage maximum de 30 %, bien loin des standards habituels. Pour juillet et août, il pourrait attendre 50 % ou 60 % « dans le meilleur des cas ». Pas de quoi rattraper ce qui a déjà été perdu.