Les Etats-Unis en récession, Wall Street dévisse

CRISE Le Dow Jones perd près de 8%, tandis qu'un organisme américain indépendant a officialisé...

P.B. avec AFP

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Les bourses asiatiques s'écroulaient de nouveau vendredi, paniquées par la chute de Wall Street, à quelques heures d'une réunion cruciale des grands argentiers du Groupe des Sept.
Les bourses asiatiques s'écroulaient de nouveau vendredi, paniquées par la chute de Wall Street, à quelques heures d'une réunion cruciale des grands argentiers du Groupe des Sept. — Thomas Lohnes DDP/AFP

Récession. Le gros mot est lâché. Un organisme officiel américain, le NBER, a annoncé lundi pour la première fois que la récession économique avait commencé aux Etats-Unis en décembre 2007 et se poursuivait toujours.

Les places boursières européennes et américaines ont gravement rechuté dans la foulée. Wall Street, qui avait regagné près de 10% la semaine dernière à la faveur du sauvetage de la banque américaine Citigroup et de la présentation de l'équipe économique de la future administration Obama, a plongé de 7,7%, l'indice Dow Jones clôturant à 8.149,09 points. Ailleurs sur le continent, la Bourse de Toronto a chuté de 9,23% et celle de Sao Paulo de 5,07%.

Auparavant, les Bourses européennes étaient également descendues aux enfers: Paris a perdu 5,59% en clôture, Londres 5,19% et Francfort 5,88%. En Asie, les marchés avaient été hésitants, Tokyo cédant 1,35% tandis que Hong Kong gagnait 1,56%.

 
Nouvelle baisse des taux?
 

«Les données économiques semblent pointer vers une économie qui va de mal en pis. L'inquiétude générale, c'est que la récession soit plus sévère» qu'attendu, a indiqué à New York l'analyste Owen Fitzpatrick, de la Deutsche Bank.

Face à la gravité de la situation, le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, a reconnu qu'une nouvelle baisse des taux était certes possible, mais qu'une telle mesure touchait à ses limites.

La banque centrale dispose cependant «de nombreux moyens» d'actions, a-t-il ajouté, évoquant la possibilité que la Fed intervienne sur le marché pour acheter «en quantité importante» des bons du Trésor à long terme afin d'agir sur la courbe des taux.

Les investisseurs attendaient les décisions jeudi de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque d'Angleterre (BoE). La BCE, qui a déjà abaissé début novembre son principal taux à 3,25%, pourrait le réduire à nouveau de 0,50 ou 0,75 point, selon les analystes, afin de relancer l'activité dans la zone euro en récession, où le chômage, au plus haut depuis près de deux ans, a atteint 7,7% en octobre.

De leur côté, les ministres des Finances européens examinaient le plan de relance de 200 milliards d'euros de la Commission européenne, afin d'élaborer «une première appréciation collective de ce qu'il convient de faire», selon un diplomate européen. Quant au plan français d'aide aux banques, Bruxelles continuait de refuser d'avaliser en l'état cette initiative, exigeant la garantie que les bénéficiaires n'en tireront pas un avantage concurrentiel.


Les Etats-Unis ont une définition de la récession qui leur est propre et laissent à un groupe d'experts le soin de trancher si et quand leur économie en traverse une.

Cette tâche revient depuis 1961 au comité des cycles économiques du Bureau national de recherche sur l'économie (NBER), organisme de référence pour qualifier les variations de l'économie américaine.

Le NBER, qui a vu le jour en 1920, a publié ses premières données sur les cycles de déclin de l'économie des Etats-Unis en 1929, année du krach boursier à l'origine de la Grande Dépression.

Ce comité rejette la définition classique d'une récession (une période de deux trimestres consécutifs ou plus de baisse du produit intérieur brut), la jugeant trop limitée.

Pour le NBER, qui prend en compte dans ses analyses plusieurs indicateurs mensuels, parmi lesquels le revenu moyen disponible, le taux de chômage, la production industrielle et les ventes en volume, une récession est l'intervalle entre un pic et un creux de l'activité économique.