Que faire pour lutter contre l’humidité intérieure dans son habitation ?

LOGEMENT Alors que 12 millions de Français vivent dans le froid, l’humidité et les moisissures, il est nécessaire de remédier à cet inconfort à l’origine de diverses pathologies allergiques et respiratoires

JP pour 20 Minutes

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Pour rester en bonne santé, vous devez veiller au taux d'humidité de votre intérieur et réagir vite en cas de problème.
Pour rester en bonne santé, vous devez veiller au taux d'humidité de votre intérieur et réagir vite en cas de problème. — IStock / City Presse

Le mal-logement est une plaie en France. D’après un rapport publié en janvier 2020 par la Fondation Abbé-Pierre, plus de 12 millions de personnes vivent dans des conditions intolérables. Or, si des travaux d’ampleur sont parfois nécessaires pour remettre les logements en bon état, des solutions permettent, dans d’autres cas, d’améliorer votre confort.

Votre santé en jeu

Le froid, l’humidité et les moisissures affectant une habitation ne doivent jamais être pris à la légère. De nombreux troubles de la santé peuvent en effet trouver leur origine dans un logement dégradé et insalubre. Comme le rappelle le même rapport de la Fondation Abbé-Pierre, « pathologies allergiques et respiratoires, inflammation de la peau et des muqueuses (eczéma), maux de tête et de gorge, infections pulmonaires » peuvent notamment être liées à un habitat humide.

Quant aux moisissures, elles peuvent avoir un effet de causalité dans la « prévalence de l’asthme ou de symptômes respiratoires ». C’est par exemple le cas de la rhinite allergique chronique, qui se manifeste par une congestion nasale et une irritation oculaire accompagnées parfois de fatigue et de maux de tête. L’association dénonce en outre les conséquences indirectes de ces désordres subis au quotidien par des millions de Français. Ainsi, « l’humidité du logement accroît le risque d’intoxication au plomb contenu dans les peintures ».

Reconnaître les signes

Les médecins estiment que le taux d’humidité idéal d’une maison doit se situer entre 40 et 60 %, voire entre 45 et 55 % pour les personnes de santé fragile, selon la zone géographique d’habitation. Il tournera en revanche entre 30 et 50 % en hiver. Cet indicateur traduit le pourcentage de vapeur d’eau contenue dans l’air par rapport à la quantité maximale que celui-ci peut absorber. Or, pour rester en bonne santé, il ne doit être ni trop élevé ni trop faible. Pour vous en assurer, il peut donc être judicieux de vous procurer un hygromètre qui vous servira à mesurer régulièrement le taux d’humidité de votre logement.

Ceci étant dit, en cas d’humidité accrue, certains signes ne trompent pas : les vitres s’embuent, voire ruissellent à cause de la condensation, des moisissures apparaissent un peu partout, la peinture craquelle et le papier peint se décolle ou pourrit. Il faut alors réagir vite.

Vos moyens d’action

Pour remédier à cette situation, il faut d’abord en trouver la cause. Bon nombre de logements souffrent par exemple d’un phénomène de condensation en raison d’un manque de ventilation. Le premier réflexe est alors d’aérer votre domicile chaque jour, durant au moins trente minutes, et de ne pas surchauffer les pièces. Le cas échéant, l’installation d’une VMC hygroréglable pourra contribuer à cette aération. En revanche, si la toiture est mal isolée, que vos murs présentent des fissures ou encore que les canalisations fuient, il est probable que l’humidité de votre demeure résulte d’infiltrations. Dans ce cas, vous devrez nettoyer et réparer votre toit, reboucher les fissures et poser un enduit imperméabilisant.

Dernière hypothèse possible : les remontées capillaires. Le plus souvent, il s’agit d’eau de pluie mal évacuée qui remonte du sol dans le bas des murs. Pour pallier le problème, vous pouvez faire appel à un professionnel afin d’injecter un produit hydrofuge qui permettra de créer une barrière étanche. Autre option, installer un boîtier utilisant un procédé géomagnétique visant à éliminer le champ d’attraction dont profite l’eau pour monter vers les zones sèches. Dans tous les cas, il faudra être patient puisque ces techniques prennent plus d’un an pour assécher complètement les murs.