Bourse: Elon Musk fait plonger l'action Tesla

ETATS-UNIS A Wall Street vendredi, le titre du constructeur a chuté de 10,3 % après une série de tweets de son principal actionnaire jugeant le cours « trop élevé »

20 Minutes avec AFP

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Le patron de Tesla, Elon Musk, le 9 mars 2020 à Washington.
Le patron de Tesla, Elon Musk, le 9 mars 2020 à Washington. — Susan Walsh/AP/SIPA

Mais à quoi joue Elon Musk ? Le constructeur de véhicules électriques Tesla a plongé à Wall Street vendredi, après une série de tweets déconcertants de son patron, dont un jugeant le cours de l’action « trop élevé ». Le titre a fini la séance sur un plongeon de 10,3 %, après avoir dégringolé de plus de 13 % un peu plus tôt. Il demeure toutefois en hausse de plus de 65 % depuis le début de l’année.

En conflit avec la SEC

Le message posté dans l’après-midi par Elon Musk, principal actionnaire de Tesla, ne donne pas d’explication sur la survalorisation potentielle de l’entreprise. L’atypique dirigeant devra cependant sans doute en trouver une. Son tweet est en effet susceptible d’attirer l’attention de l’autorité des marchés financiers, la SEC, sourcilleuse sur la communication des informations ayant des conséquences sur l’évolution de la Bourse.

Et cela ne sera pas une première pour Elon Musk d’avoir maille à partir avec le gendarme de la bourse américaine. Son message en rappelle un autre de 2018 dans lequel il indiquait un possible retrait de Tesla de la Bourse. Ce dernier tweet avait provoqué un bras de fer homérique entre le chef d’entreprises et la SEC, lequel s’était soldé par un accord suivant lequel il se voyait déchoir de sa casquette de président du conseil d’administration de Tesla.

En 2019, après de nouvelles hostilités, l’accord avait été amendé pour énumérer des sujets sur lesquels Elon Musk ne pouvait tweeter sans le feu vert au préalable du directeur juridique de Tesla. La liste comprenait des informations sur la santé financière de l’entreprise, de potentielles opérations de fusions-acquisitions, les chiffres de production et de ventes des voitures, de nouveaux modèles d’automobiles, l’achat de titres et de produits financiers Tesla. Pour les financiers ayant spéculé vendredi sur l’effondrement boursier de Tesla, il ne fait donc pas de doute que le dirigeant ne pourra pas passer outre des sanctions.

En colère

En outre ce n’est pas le seul message à avoir soulevé l’incompréhension le 1er mai. Toute la journée, Elon Musk a semblé jouer avec Tweeter en se lançant dans une série de messages, déconnectés les uns des autres. « Je vais vendre tous mes biens physiques. Ne posséderai (plus) de maison », peut-on ainsi lire sur son compte. Dans deux messages, le fantasque dirigeant réitère ses critiques acérées contre le confinement destiné à limiter la propagation du Covid-19. « Rendez maintenant au peuple sa LIBERTE », s’est-il emporté avant de conclure par « Colère, colère contre la mort de la lumière de la conscience ».

Mercredi déjà, Elon Musk avait qualifié de « fasciste » le confinement, estimant que cette mesure asphyxiait les entreprises. Le dirigeant avait fermé à reculons l’usine californienne de Tesla le 19 mars et souhaitait la rouvrir le 4 mai mais le prolongement du confinement et de la distanciation sociale contrecarre ce projet. Tout ceci n’a pas empêché Tesla de dégager un bénéfice net de 16 millions de dollars au premier trimestre, une première pour les trois premiers mois de l’année depuis la création du groupe il y a 17 ans.