Coronavirus : Le programme d’urgence de la BCE « pourrait être prolongé » après 2020

CRISE ECONOMIQUE Sa présidente Christine Lagarde estime que la BCE a les ressources pour soutenir les économies européennes

20 Minutes avec AFP

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Christine Lagarde, présidente de la BCE, le 12 décembre 2019.
Christine Lagarde, présidente de la BCE, le 12 décembre 2019. — AFP

Le programme d’urgence de la Banque centrale européenne pour faire face à la pandémie du coronavirus (PEPP), via des rachats massifs de dette, « pourrait être prolongé » au-delà de la fin 2020, a annoncé ce jeudi la présidente de l’institution, Christine Lagarde.

Le dispositif de 750 milliards d’euros, lancé en mars pour amortir le choc économique déclenché par la pandémie de coronavirus, « sera poursuivi jusqu’à ce que (la BCE) estime que la crise du coronavirus est passée, et dans tous les cas jusqu’à la fin de l’année », a expliqué Christine Lagarde lors d’une conférence de presse virtuelle. « Le PEPP est le meilleur outil dont nous disposons » pour contrer le choc économique du coronavirus, a-t-elle ajouté.

« Une puissance de feu de plus de 1.000 milliards d’euros »

Dans ce cadre, la BCE est prête à revoir la « composition » du PEPP - c’est-à-dire la répartition des rachats de dette publique ou privée rachetés par la BCE - et sa « taille », et ce « autant que nécessaire » et « aussi longtemps » qu’il le faudra, indique le communiqué de décision de politique monétaire. Si le PEPP répond à des règles d’achats souples, la question n’a pas été débattue ce jeudi d’y intégrer des obligations devenues « pourries » en raison de leur dégradation par les agences de notation financière, a précisé Christine Lagarde. Cette exception vaut toutefois déjà pour des titres émis par la Grèce.

Le programme d’urgence n’est cependant qu’une partie des outils anti-crise de la BCE qui a « une puissance de feu de plus de 1.000 milliards d’euros », a mis en avant sa présidente. Lors de la réunion du conseil des gouverneurs de jeudi, la BCE a pour l’essentiel maintenu son arsenal anti-crise, à l’exception de ses prêts géants aux banques rendus encore plus favorables.

L’institut monétaire va notamment dépenser 120 milliards d’euros supplémentaires d’ici décembre au titre de l’assouplissement quantitatif ou « QE », son programme de soutien à l’économie lancé en mars 2015.