Coronavirus : Le patronat plaide dans un courrier pour un « moratoire » sur des mesures environnementales

ECOLOGIE Notamment des obligations liées à la loi antigaspillage sur le plastique, les invendus...

20 Minutes avec AFP
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Geoffroy Roux de Bezieux Pdt du Medef visite l'entreprise de transport Grisel impactee par l'epidemie de Coronavirus (COVID-19).
Geoffroy Roux de Bezieux Pdt du Medef visite l'entreprise de transport Grisel impactee par l'epidemie de Coronavirus (COVID-19). — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Pourquoi changer ? Le Medef et l’Association française des entreprises privées (Afep) ont plaidé pour un « moratoire » sur certaines normes environnementales futures, en raison de la crise du coronavirus, a indiqué mardi à l’AFP une source ministérielle.

Le Medef a adressé le 3 avril un courrier à la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne, réclamant entre autres un « moratoire » sur les décrets d’application de la loi du 10 février contre le gaspillage et pour l’économie circulaire, selon le Canard Enchaîné.

Un moratoire sur toute la loi antigaspillage

« Ils demandent un moratoire sur toute la loi [antigaspillage] mais il y a des mesures applicables dès le 1er janvier 2021 » et « l’enjeu est de ne pas retarder les discussions sur les décrets d’application », a confirmé le cabinet de la secrétaire d’Etat Brune Poirson.

« Bien sûr qu’on prendra en compte l’implication de cette crise du coronavirus mais cela ne pourra être qu’exceptionnel. On ne reviendra pas sur les ambitions du texte », a ajouté cette source. Cette loi prévoit notamment la création de nouvelles filières pollueur-payeur, l’interdiction pour les grandes surfaces ou les plateformes en ligne de détruire les invendus non alimentaires en 2022 ou la suppression des contenants en plastique dans les fast-foods en 2023.

« On ne doit pas fléchir sur les objectifs fixés »

Dans une note, l’Afep vise aussi la réglementation européenne et réclame par exemple de « reporter d’un an » la révision de la directive sur les émissions industrielles de CO2. « Ce n’est pas tout à fait étonnant. C’est un réflexe de survie. Pour se rassurer, on s’accroche au passé. Mais pour autant on ne doit pas fléchir sur les objectifs fixés et surtout ne pas repartir en arrière », souligne la députée LREM Bérangère Abba.

« C’est du lobbying de couloirs à l’ancienne. Ce n’est plus possible. C’est contre-productif. Ce n’est pas le lobbying que je dénonce, mais l’absence de transparence et le refus [du Medef] de communiquer ce courrier », réagit de son côté Matthieu Orphelin, ex-LREM et proche de  Nicolas Hulot.