Coronavirus : Moratoire sur la dette des pays les plus pauvres, mais pas d’annulation

DETTE Bruno Le Maire a participé à une réunion des ministres de l’Economie du G7 sur la question

20 Minutes avec AFP

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Bruno Le Maire est le ministre Français de l'économie depuis mai 2017.
Bruno Le Maire est le ministre Français de l'économie depuis mai 2017. — LUDOVIC MARIN / AFP

Le G7 s’est dit favorable mardi à la suspension du service de la dette des pays pauvres, au moment où le FMI et la Banque mondiale cherchent à limiter les dégâts de la probable pire récession de l’économie mondiale depuis les années 1930. Lundi, le président Emmanuel Macron avait appelé dans une allocution télévisée à « aider » l’Afrique aux prises avec les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19 en « annulant massivement sa dette ».

« Il faut bien voir que ce moratoire est déjà une étape majeure et un succès important pour la France et pour ses partenaires dans le cadre du Club de Paris et dans le cadre du G20 », a expliqué le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire lors d’une conférence de presse téléphonique. « Si dans certains États des plus pauvres de la planète il apparaît que la dette n’est pas soutenable (…) cela pourra nous conduire, comme l’a indiqué le président de la République, à une annulation de dette qui se fera donc au cas par cas et nécessairement dans un cadre multilatéral », a-t-il précisé.

Urgence d’une aide aux pays plus vulnérables

Dans l’immédiat, « il y a une urgence absolue à apporter une réponse forte aux pays en développement les plus vulnérables », a-t-il insisté. En effet, nombre de ces pays étant très exposés à une forte chute du prix des matières premières et à la contraction des échanges commerciaux internationaux, « nous observons le risque de voir se développer des pénuries alimentaires dans certains de ces pays qui pourraient nous conduire tout droit à une catastrophe humanitaire », a mis en garde Bruno Le Maire.

Le FMI, qui a publié mardi ses premières prévisions de croissance mondiale depuis le début de la pandémie, estime que l’Afrique subsaharienne connaîtra cette année sa première récession depuis un quart de siècle, avec un recul du PIB de 1,6 %, alors qu’elle reste relativement épargnée pour l’instant par le Covid-19. Les 76 pays éligibles au moratoire, dont une quarantaine en Afrique subsaharienne, sont ceux aidés par l’Association internationale de développement de la Banque mondiale. Le service de cette dette représente un total de 32 milliards de dollars pour ces pays.

Encore 12 milliards de créances

« Il reste 12 milliards de créances multilatérales dont une grande part de la Banque mondiale. Nous souhaitons qu’elle se joigne aussi à ce moratoire », a ajouté le ministre français de l’Économie en indiquant que « pour des raisons techniques, il y avait aujourd’hui encore un débat » au sein de cette institution. Concernant les 12 milliards de créances bilatérales, « ça représente pour la France un milliard d’euros de report de dettes », a détaillé Bruno Le Maire. Il a rappelé que le FMI avait utilisé ses instruments pour leur fournir des liquidités à court terme à hauteur de 1.000 milliards de dollars, mais estimé qu’il fallait aller plus loin.

Il a enfin souhaité une « nouvelle allocation de droits de tirage spéciaux (sorte de monnaie du FMI) » à hauteur de 500 milliards d’euros. Mais « la réponse américaine pour l’instant est négative », a-t-il déploré, ajoutant que « c’est une réponse qui est peu coûteuse pour les États membres du FMI et très efficace pour les États en développement » en leur permettant de reconstituer des réserves financières.