Coronavirus : -55% pour les revenus des compagnies aériennes en 2020 selon l'Iata

CRISE

20 Minutes avec AFP

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L'Association internationale du transport aérien fait un premier point sur le cataclysme économique représenté par le coronavirus.
L'Association internationale du transport aérien fait un premier point sur le cataclysme économique représenté par le coronavirus. — Fabrice Coffrini afp.com

Ça va faire très mal. L’Association internationale du transport aérien (Iata) a chiffré ce mardi à 314 milliards de dollars la baisse du chiffre d’affaires des compagnies aériennes en 2020 liées à la propagation du coronavirus, soit une chute de 55 % par rapport aux revenus de 2019. Cette organisation qui regroupe 290 transporteurs aériens avait une première fois chiffré les pertes, il y a trois semaines, à 252 milliards.

« A part quelques vols de fret et quelques vols de rapatriement, l’industrie est plus ou moins clouée au sol », a commenté Brian Pearce, le responsable financier de l’Iata. Début avril, le nombre de vols dans le monde s’est effondré de 80 % par rapport à la même période en 2019, selon l’Iata.

Des restrictions plus longues que prévu

Depuis le début de la crise, qui a débuté pour le secteur fin janvier avec la suspension par des compagnies aériennes de la desserte de la Chine, berceau du coronavirus, l’Iata a à plusieurs reprises revu à la hausse l’estimation de ses pertes de chiffres d’affaires au fur et à mesure des fermetures de frontières qui ont accompagné la propagation du Covid-19 dans le monde.

Dans sa dernière évaluation, l’organisation prend en compte des restrictions de déplacements qui pourraient être plus longues que prévu et un impact sévère du Covid-19 partout dans le monde, y compris en Afrique et en Amérique latine.

« Les prévisions du secteur s’assombrissent de jour en jour. L’ampleur de la crise rend une reprise en forme de V (chute suivie d’un rebond immédiat, NDLR) peu probable. Il s’agira d’une reprise en U (une chute suivie d’une stagnation avant la reprise, NDLR) », a commenté le directeur général de l’Iata, Alexandre de Juniac.

Contrôle de l’état de santé des passagers en vue

Selon lui, des réunions vont débuter à partir de la fin de la semaine pour mettre au point, avec les gouvernements, « un plan de redémarrage du secteur selon une approche par régions » dans le monde et basé vraisemblablement sur une reprise d’abord des vols « intérieurs, puis régionaux, puis continentaux et enfin intercontinentaux ».

« Le contrôle de l’état de santé des passagers sera un élément-clé de ce redémarrage », a-t-il ajouté, précisant qu’il ignorait pour l’instant quels seraient les moyens utilisés mais en plaidant en faveur d’une uniformité « pour éviter un patchwork de mesures complexes et différentes dans les différentes parties du monde ».