G20: Les négociations sur la production de pétrole n’aboutissent pas

ENERGIE Malgré une nuit de discussions et un accord entre le Mexique et les Etats-Unis, les pays producteurs n’arrivent pas à s’attendre sur la baisse de l’offre

20 Minutes avec AFP

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Une raffinerie de pétrole au Texas, le 8 mars 2020.
Une raffinerie de pétrole au Texas, le 8 mars 2020. — Gregory Bull/AP/SIPA

De nombreux analystes voulaient y croire mais finalement rien n’est fait. Les ministres de l’Energie des pays du G20 ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur une baisse de la production pétrolière. Le communiqué publié samedi à l’issue de longues négociations ne mentionne en effet aucune réduction.

Une déclaration à minima

C’est donc une douche froide pour les investisseurs qui pensaient que les marchés financiers auraient au moins cette bonne nouvelle dans le marasme économique mondial généré par le coronavirus. Le communiqué final publié après le sommet virtuel organisé par l’Arabie saoudite est à minima. Il ne comporte que des engagements de coopération future dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, mais rien de précis.

« Nous nous engageons à faire en sorte que le secteur de l’énergie continue à fournir une contribution pleine et effective en vue de vaincre le Covid-19 et de permettre le rétablissement (économique) mondial qui doit suivre », déclarent les ministres. Ils s’engagent également « à prendre toutes les mesures nécessaires et immédiates pour assurer la stabilité du marché de l’énergie ».

Une demande en chute libre

En raison du confinement de la moitié de la population mondiale, la demande de pétrole est en chute libre, alors même que l’offre était déjà en excédent. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) avait évoqué vendredi matin une entente préalable sur une diminution de l’offre mondiale de 10 millions de barils de brut par jour en mai et juin. Cette entente avait été obtenue lors d’une réunion des principaux pays producteurs de pétrole dont la Russie, non-membre du cartel mais deuxième producteur mondial.

Toutefois, le Mexique, lui aussi non-membre de l’Opep, n’avait pas donné son approbation, indispensable pour entériner l’accord. Mexico trouvait en effet excessif l’effort qui lui était réclamé (réduction de production de 400.000 barils par jour), comparé à d’autres pays. Quelques heures plus tard, le président mexicain, Andrés Manuel Lopez Obrador, indiquait cependant être parvenu à un accord avec son homologue américain, Donald Trump. Le Mexique va ainsi réduire ses pompages de 100.000 barils par jour et les Etats-Unis vont diminuer les leurs de 250.000 supplémentaires par rapport à leurs engagements précédents.

Discussions entre Trump et Poutine

Mais même cet accord n’a pas permis de parvenir à une décision de baisse de la production par le G20. Les efforts diplomatiques s’étaient pourtant multipliés. Donald Trump avait discuté vendredi avec son homologue russe Vladimir Poutine sur « les derniers efforts faits pour combattre la pandémie de coronavirus et maintenir la stabilité sur les marchés énergétiques mondiaux », selon la Maison-Blanche.

Pour le moment personne n’est pointé du doigt comme responsable de l’échec. Il reste donc encore une possible marge de négociations.