Coronavirus : La Réserve fédérale américaine met en place sa riposte économique

RECESSION La FED va octroyer 2.300 milliards de dollars de nouveaux prêts, destinés particulièrement aux entreprises et aux collectivités locales frappées par la pandémie

20 Minutes avec AFP

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La bourse de New York le 20 mars 2020.
La bourse de New York le 20 mars 2020. — AFP

Les marchés boursiers ont trouvé un nouvel élan jeudi dans le déferlement de crédit annoncé par la Réserve fédérale américaine (Fed). C’est une véritable bénédiction pour les investisseurs avant la pause du week-end de Pâques. Toutefois, ils continuent de rester sur le qui-vive en attendant l’issue des réunions sur le pétrole.

Les bourses en nette hausse

Wall Street a donc été galvanisé par les nouvelles annonces de la Fed qui a déployé l’artillerie lourde pour sauver la première économie mondiale : le Dow Jones est monté de 1,22 % et le Nasdaq de 0,77 %. Les Bourses européennes ont elles aussi toutes fini en nette hausse, réduisant de façon consistante les pertes liées à l’épidémie de Covid-19. Francfort (+2,24 %) a gagné près de 11 % sur l’ensemble de cette semaine écourtée, pour ramener à 20 % sa perte depuis janvier. A la clôture, Paris enregistre +1,44 %, Londres +2,15 %, Madrid +1,71 % et Milan +1,39 %.

Au total, la Réserve fédérale va octroyer 2.300 milliards de dollars de nouveaux prêts, destinés particulièrement aux entreprises et aux collectivités locales frappées par la pandémie. « Tous ces stimulus supplémentaires ont aidé à éclipser le fait qu’il y a peu de probabilité à court terme que les mesures de confinement soient levées » étant donné que la pandémie continue d’avancer et de persécuter l’économie, explique Michael Hewson, analyste chez CMC Markets.

Nouvelle preuve du désastre économique, les Etats-Unis ont comptabilisé 6,6 millions de nouveaux demandeurs d’allocations-chômage en une semaine. Son voisin, le Canada a enregistré en mars un taux de chômage de 7,8 %, soit 2,2 points de plus qu’en février, plus forte hausse mensuelle depuis 1976. Ainsi, « le récent rebond pourrait être tout aussi éphémère que ceux observés par le passé », estime OFI Asset Management, dans une note.

La prudence reste donc de mise d’autant que les experts de marchés considèrent que le rebond n’est pas justifié au vu des fondamentaux, l’économie étant paralysée par les mesures de confinement quasi-planétaire et que les perspectives s’assombrissent pour 2020. Ils redoutent aussi l’étape suivante, celle des publications des perspectives et résultats d’entreprises ou encore une hausse des nouveaux cas de contamination, des prolongations du confinement ou une efficacité insuffisante des mesures pour sauver l’emploi et les revenus des ménages, notamment les plus modestes.

La crise de 1929 dans toutes les têtes

Avant de s’absenter pendant trois à quatre jours, selon les continents, pour Pâques, les investisseurs guettaient surtout l’issue de la réunion des principaux pays producteurs de pétrole, ceux de l’Opep en tête, qui discutent d’une réduction massive de la production, leur arme principale face à la chute de la demande. Sur ce point, Donald Trump a semblé confiant. « Ils sont proches d’un accord, nous saurons bientôt ce qu’il en est », a ainsi déclaré le président américain.

Mais il en faudra sûrement plus pour que les investisseurs regardent l’avenir sereinement. Le Fonds monétaire international estime en effet que le coronavirus pourrait avoir au niveau mondial « les pires conséquences économiques depuis la Grande Dépression » de 1929. Selon le FMI, plus de 170 pays, sur 189 pays membres, vont enregistrer une contraction de leur revenu par habitant.