Coronavirus : Airbus réduit d’un tiers sa cadence de production d’avions

TROU D'AIR Alors que les compagnies aériennes sont à l’arrêt pour cause de coronavirus, le constructeur européen Airbus annonce qu’il va réduire d’un tiers sa production d’avions

H.M. avec AFP

— 

Une chaîne d'assemblage d'Airbus, à Toulouse. Illustration.
Une chaîne d'assemblage d'Airbus, à Toulouse. Illustration. — Alexandre GELEBART/REA
  • Airbus tire les conséquences des immenses difficultés des compagnies aériennes frappées de plein fouet par les mesures de confinement.
  • Le groupe annonce la réduction d’environ un tiers de sa production d’avions.
  • L’industriel aéronautique va entamer de nouvelles négociations avec ses syndicats et a désormais pour priorité de « protéger » ses salariés.

Partout dans le monde, les avions sont cloués au sol pour cause de coronavirus. Autant dire que les compagnies aériennes auront la plus grande difficulté à réceptionner – et payer – les avions qu’elles ont commandés. Face à « l’impact sans précédent » de cette pandémie, Airbus a donc décidé, fatalement, d’adapter sa production sur les chaînes d’assemblage.

Dans un communiqué diffusé mercredi soir, l’avionneur annonce sa décision de réduire d’environ d’un tiers ses cadences. « Nous adaptions notre production à la nouvelle situation [de nos clients] et travaillons sur des mesures opérationnelles et financières pour faire face à cette réalité », indique Guillaume Faury, le patron d’Airbus.

Le constructeur a déjà dû suspendre temporairement la production sur ses chaînes de Tianjin (Chine) puis de Toulouse, celles de Brême (Allemagne) et de Mobile (Etats-Unis) sont actuellement à l’arrêt.

Concrètement, Airbus prévoit de ne produire plus que 40 appareils de la famille 320, son best-seller, par mois, contre 60 jusqu’ici. La cadence pour les long-courriers A330 passerait à deux par mois. Celle des A350 produits dans la Ville rose tomberait à six avions mensuels, alors que la prévision était de 9 à 10.

Négociations avec les syndicats

Airbus assure « travailler en coordination avec les partenaires sociaux pour définir les mesures sociales les plus appropriées afin de s’adapter à cette situation nouvelle et évolutive ». Le groupe a déjà décidé dès le début de la crise d’annuler le versement des dividendes 2019 à ses actionnaires.

L’année avait pourtant bien commencé pour le constructeur, avec 290 commandes nettes enregistrées et 122 avions livrés. Mais 60 des appareils produits n’ont pas pu être livrés et 66 annulations de commandes ont été notifiées, dont 44 pour le seul mois de mars.

Désormais, la priorité d’Airbus est, selon Guillaume Faury, « de protéger [ses] salariés et de soutenir la lutte contre le virus ».