Coronavirus : Deux commissaires européens mettent la pression sur l’Allemagne pour mettre en place des « Corona bonds »

EMPRUNTS Dans une tribune publiée ce lundi, deux commissaires plaident pour un recours à un emprunt européen

20 Minutes avec AFP

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Le commissaire européen Thierry Breton appelle l'Allemagne à accepter la mise en place d'emprunts exceptionnels dans le cadre de la crise liée au coronavirus.
Le commissaire européen Thierry Breton appelle l'Allemagne à accepter la mise en place d'emprunts exceptionnels dans le cadre de la crise liée au coronavirus. — Virginia Mayo/AP/SIPA

Deux commissaires européens, dont le Français Thierry Breton, plaident lundi pour un recours à un emprunt européen pour faire face à la crise du coronavirus dans une tribune publiée dans la presse, où le gouvernement allemand est critiqué pour son opposition aux «corona bonds».

Sans en appeler directement à l’Allemagne, les commissaires européens au Marché intérieur Thierry Breton et à l’Economie, Paolo Gentiloni, demandent aux 27 Etats membres de l’UE de faire preuve de « solidarité » en créant un fonds européen financé par l’impôt et capable d’émettre des obligations à long terme, dans une tribune publiée en Allemagne par la Frankfurter Allgemeine Zeitung et Le Monde en France. Selon les commissaires, ce fonds ne devrait toutefois servir qu’à financer le développement économique après la crise.

Mutualisation des dettes

Certains Etats européens, dont la France et l’Italie, ont dernièrement demandé à l’Allemagne et certains pays du nord de l’Europe la mutualisation de certaines dettes face aux conséquences économiques de la pandémie.

Cette mutualisation, sous la forme de « corona bonds », est fortement rejetée par l’Allemagne, les Pays-Bas et d’autres pays du nord, plus vertueux sur un plan budgétaire. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a elle promis vendredi un « Plan Marshall » européen, via le budget de l’UE pour la période 2021 à 2027, afin de relancer l’économie après la crise.

M. Breton et M.Gentiloni voient du reste leur concept servir de « complément » à celui lancé par Mme von der Leyen. Selon eux, les sommes en jeu sont telles que l’UE a besoin d’un « quatrième pilier » en plus des trois autres constitués par le fonds de secours MES (Mécanisme européen de stabilité), la Banque européenne d’investissement et l’initiative à court terme de l’UE pour garantir les plans de chômage partiel des États membres.

« Le temps presse »

Une chose est sûre, « le temps presse » et « nous devons être créatifs », préviennent les deux signataires de cette tribune à la veille d’une réunion des ministres des finances de l’UE qui veulent discuter des moyens financiers de lutter contre la pandémie lors d’une vidéoconférence.

Le président de l’Assemblée nationale française Richard Ferrand et son homologue allemand Wolfgang Schäuble plaident eux pour « plus de solidarité et d’intégration financière » en Europe face à la crise du coronavirus, dans une tribune également publiée lundi dans les quotidiens Le Figaro et Frankfurter Allgemeine Zeitung.